Dans le cadre des accords : compétences contre équipements
En grande diplomatie, ce ne sont pas les déclarations tonitruantes qui importent, mais les arrangements discrets. Le président Volodymyr Zelensky a annoncé que cette semaine trois équipes professionnelles ukrainiennes entièrement équipées d'experts en véhicules aériens sans pilote se rendront au Qatar, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite. Il ne s'agit pas simplement de consultations — c'est l'exportation d'une expérience pratique dont les partenaires du Moyen‑Orient ont actuellement grand besoin.
Ce que l'Ukraine demande en retour
Kiev soulève la question de la fourniture de missiles rares pour les systèmes Patriot — en particulier PAC‑2 et PAC‑3. Le PAC‑3 est considéré comme l'un des rares moyens occidentaux capables de lutter efficacement contre les missiles balistiques ; le PAC‑2 conserve un rôle dans l'interception de cibles aériennes et de certaines menaces balistiques. Pour l'Ukraine, qui subit régulièrement des attaques balistiques, il ne s'agit pas seulement d'une question technique, mais aussi stratégique.
"En principe, nous l'avons d'abord proposé aux Américains, à nos partenaires. Et le fait que le Moyen‑Orient ait aujourd'hui une certaine demande à notre encontre — tout cela fait, en principe, partie du 'drone deal'. Donc le 'drone deal' est absolument d'actualité pour les États‑Unis."
— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine
Pourquoi cela fonctionne comme levier
L'expérience ukrainienne pour repousser les attaques massives de «shaheds» est devenue un produit commercial : les pays confrontés aux drones iraniens sont intéressés par des solutions pratiques — de la tactique d'emploi des défenses aériennes à la contre‑batterie et à l'intégration d'outils de lutte contre les drones. Dans ce contexte, les compétences des équipes ukrainiennes constituent une monnaie d'échange pouvant être convertie en ressources de défense rares.
"Absolument tous les experts américains (connus ou inconnus) comprennent que, pour repousser les attaques massives de 'shaheds', aujourd'hui seule l'expérience ukrainienne peut réellement aider."
— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine
Conséquences et scénarios
Le résultat concret dépendra de trois facteurs : la disposition des pays du Golfe à payer pour ce service d'expertise, la volonté politique des États‑Unis d'approuver le transfert de missiles Patriot, et la capacité de Kiev à transformer un contrat temporaire en un format de coopération permanent (fabrication et extension de la production de drones). Si les partenaires acceptent l'échange, cela renforcera à la fois le potentiel de défense de l'Ukraine et son poids diplomatique dans la région.
En résumé
En bref : l'Ukraine ne vend pas seulement de la technologie, mais une expérience opérationnelle ; en échange, elle insiste pour l'approvisionnement des moyens de défense antiaérienne précisément nécessaires pour repousser les frappes balistiques. La balle est maintenant dans le camp des partenaires : cet échange se traduira‑t‑il par des livraisons concrètes de PAC‑2/PAC‑3, ou restera‑t‑il une déclaration diplomatique — la question clé des prochaines semaines.