Pas de volonté politique : pourquoi seul le sous-groupe politique des pourparlers ukrainiens s'est rendu aux États-Unis

Zelensky affirme que les parties militaires ont convenu d'un mécanisme de surveillance du cessez‑le‑feu, mais sans décision politique ces accords ne mèneront pas à la paix. Nous expliquons ce que cela signifie pour le front et la diplomatie.

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Володимир Зеленський (Фото: GIAN EHRENZELLER / EPA)

En bref

Le président Volodymyr Zelensky a expliqué pourquoi l'équipe de négociation n'a pas été entièrement dépêchée aux États-Unis : dans le format militaire — Ukraine, Russie et États-Unis — il y a eu des progrès sur la question du suivi du cessez-le-feu, mais pour les mettre en œuvre il faut une volonté politique. En l'absence de cette volonté, c'est la sous-groupe politique qui a pris la route.

Contexte et calendrier

Les rencontres trilatérales au format Ukraine–Russie–États-Unis se sont tenues en Suisse et aux Émirats arabes unis ; le dernier round a eu lieu à Genève les 17–18 février. Après cela, le travail dans ce format a été suspendu — en partie en raison de l'escalade au Moyen-Orient, qui a modifié les priorités diplomatiques et compliqué la logistique des négociations.

Ce qui a été convenu — et ce qui reste ouvert

Selon Zelensky, au niveau militaire les parties « ont en principe convenu » de la manière d'organiser le suivi du cessez-le-feu. Toutefois, sans décision politique les mécanismes resteront techniques. La délégation russe ne souhaite pas se rendre aux États-Unis, et la partie américaine, en raison de la tension régionale, considère prioritaire d'organiser les rencontres sur son territoire — c'est pourquoi le sous-groupe politique se rendra le 21 mars.

"Il n'y a pas encore de volonté politique. C'est pourquoi le sous-groupe politique [de la délégation ukrainienne] est en route."

— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

Lors des négociations de Genève, comme l'a souligné l'envoyé spécial américain Steve Witkoff, la question territoriale a été laissée « temporairement de côté » — un signal que les principaux sujets politiques (le Donbass, le statut de la centrale nucléaire de Zaporijia, temporairement occupée) sont pour l'instant sans consensus.

"La question territoriale a été laissée 'temporairement de côté'."

— Steve Witkoff, envoyé spécial du président des États-Unis

Ce que proposent concrètement les parties

La Russie exige le retrait des forces ukrainiennes de certains secteurs du Donbass. De son côté, la partie américaine a évoqué l'idée d'une « zone économique libre » démilitarisée, mais sans garanties claires sur la souveraineté — et c'est précisément ce détail politique sans lequel Kyiv ne peut accepter de concessions. Les précédentes réserves de Zelensky quant aux conséquences d'abandons territoriaux restent un facteur important du discours intérieur à Kyiv.

Conséquences pratiques pour la sécurité

Même en cas d'accord technique sur le suivi, sans formalisme politique l'entente ne deviendra pas un cessez-le-feu durable. Parallèlement, le processus de négociation fonctionne de manière fragmentaire : en mars les échanges de prisonniers ont repris, débloqués à la suite des négociations à Abou Dabi — preuve que les canaux de communication subsistent, mais qu'il n'y a pas encore de transition pleine et entière vers la paix.

Conclusion

La décision d'envoyer aux États-Unis uniquement le sous-groupe politique indique deux processus opposés : il y a un progrès technique dans les mécanismes militaires de contrôle, mais il manque la volonté politique pour transformer ce progrès en décisions sûres et juridiquement entérinées. La question clé est désormais de savoir si les partenaires sauront exercer suffisamment de pression politique et offrir des garanties pour que ces mécanismes fonctionnent en protection de l'Ukraine.

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Shell estime que la remise en service d'une des lignes clés de Pearl GTL à Ras Laffan prendra environ un an. Pour le marché mondial du gaz liquéfié, cela signifie une réduction des capacités disponibles et une pression accrue sur les prix ; pour l'Ukraine — de nouveaux risques d'instabilité énergétique, mais aussi des possibilités de réaction diplomatique et industrielle.

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