Ce qui s'est passé
Le 12 mars, les États-Unis ont délivré une licence de 30 jours qui assouplit les restrictions concernant le pétrole russe et les produits pétroliers qui se trouvent en mer. LIGA.net a transmis une précision d'un interlocuteur au Bureau du président : cela rapporte déjà de l'argent au Kremlin — au moins 2 milliards de dollars rien que ces dernières semaines.
Combien la Russie gagnera réellement
Dans les messages provenant du Bureau du président, ces 2 milliards de dollars sont liés précisément à la cargaison pétrolière qui est déjà à bord des pétroliers. Dans le même temps, le renseignement ukrainien avait estimé les revenus totaux de la Russie sur le marché de l'énergie pendant l'escalade au Moyen-Orient à environ 10 milliards de dollars — il s'agit d'un montant plus large qui prend en compte non seulement le pétrole qui était en mer.
«Au moins 2 milliards de dollars rien que ces dernières semaines»
— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine
Pourquoi cela compte pour l'Ukraine
L'assouplissement des restrictions est inscrit dans un contexte stratégique : l'objectif est d'augmenter l'offre sur le marché et de faire baisser temporairement les prix du pétrole. Mais pour nous, cela signifie plusieurs risques concrets :
- Canal financier : des revenus supplémentaires pour le Kremlin renforcent sa capacité à financer la guerre ; selon les estimations, à long terme cela pourrait influencer le calendrier et l'intensité des hostilités.
- Risques budgétaires : le président a souligné que, en cas d'escalade plus intense et prolongée, la Russie pourrait couvrir le déficit qui est prévu en Ukraine pour 2026.
- Prix de l'énergie : bien que l'objectif des États-Unis soit de réduire les prix globalement, des chocs locaux et des fluctuations spéculatives pourraient entraîner une hausse du prix des carburants et du gaz en Ukraine.
«Nous estimons que c'est déjà confirmé»
— un interlocuteur au Bureau du président de l'Ukraine
Ce que disent les partenaires
L'article cite également le chef du Trésor des États-Unis, Scott Bessent, qui qualifie la somme de 2 milliards de dollars de maximum potentiel, et pose la question dans un contexte de prix :
«Qu'est-ce qui est préférable : la Russie recevra-t-elle plus d'argent si le prix du pétrole monte à 150 dollars, et qu'elle obtienne 70 % de cette somme (soit 105 dollars), ou si le prix du pétrole reste en dessous de 100 dollars et qu'elle reçoive moins d'argent ?»
— Scott Bessent, chef du Trésor des États-Unis
Auparavant, le 5 mars, Washington a également autorisé l'Inde à acheter du pétrole russe — ces mesures, prises ensemble, modifient le paysage de l'offre et de la demande sur le marché mondial.
Conclusion — que doit faire l'Ukraine
Il ne s'agit pas seulement d'un calcul en dollars : c'est un signal pour la diplomatie et l'économie ukrainiennes. Deux réponses cohérentes sont nécessaires — d'une part, un suivi opérationnel des flux financiers et un renforcement de la pression des sanctions là où c'est possible ; d'autre part, des plans pour faire face aux chocs sur le marché intérieur des carburants et sur le budget. La communauté d'experts attire l'attention : tant que certaines décisions internationales sont motivées par la stabilisation des prix, l'Ukraine doit s'assurer que ces mesures temporaires ne se transforment pas en un soutien à long terme à l'agresseur.
La balle est maintenant dans le camp des partenaires : les déclarations d'limitations doivent être soutenues par des mécanismes de contrôle et un suivi transparent — sinon les chiffres cesseront d'être de simples statistiques et deviendront un facteur déterminant pour le sort du budget et la sécurité du pays.