Le pétrole se renchérit après des frappes contre l'Iran : risques pour les approvisionnements mondiaux et conséquences pour l'Ukraine

Après les frappes contre l'Iran, le Brent a bondi et l'activité des navires près du détroit d'Ormuz s'est presque arrêtée. Nous expliquons pourquoi cela revêt une importance particulière pour l'économie et la sécurité de l'Ukraine.

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Фото: EPA / ALI HAIDER

Ce qui s'est passé

Selon le Financial Times, lors des premières séances de cotation après les frappes contre l'Iran, les prix du pétrole ont fortement augmenté : la référence Brent a bondi d'environ 13 % — à 82,37 $ le baril — puis est redescendue un peu en dessous de 80 $. La circulation des navires commerciaux dans la zone du détroit d'Ormuz — un couloir étroit par lequel transite jusqu'à 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz — s'est pratiquement arrêtée.

Pourquoi cela importe

Toute perturbation des flux en provenance du Golfe persique se répercute rapidement sur les prix et les anticipations du marché. Le danger ne réside pas seulement dans une éventuelle hausse temporaire du prix des carburants : la menace la plus importante est l'endommagement ou la mise hors service des infrastructures clés de production et de transport, ce qui entraînerait un déficit plus durable et une volatilité accrue.

«Les conséquences de ce conflit pour l'économie mondiale dépendent des flux de pétrole et de gaz transitant par le détroit d'Ormuz. Le scénario le plus redoutable n'est pas sa fermeture, mais l'endommagement sérieux des infrastructures pétrolières et gazières clés de la région.»

— Norbert Rüker, responsable du département économique de Julius Baer

Ce que cela signifie pour l'Ukraine

Les canaux d'impact sur notre pays sont simples et concrets : la hausse du prix du pétrole augmente les coûts de l'énergie, accélère l'inflation et renchérit la logistique liée aux importations — ce qui se répercute à la fois sur les prix à la consommation et sur le budget de la défense. Dans le même temps, la hausse des prix peut créer des indicateurs financiers supplémentaires pour les partenaires qui prennent des décisions d'aide ou d'investissement.

Un tampon partiel pourrait être la décision de l'OPEP+ du 1er mars d'augmenter les quotas de production de 206 000 barils par jour à partir d'avril — mais ce chiffre est dérisoire comparé aux perturbations potentielles liées à des dommages massifs aux infrastructures.

Kороткий висновок

Le marché réagit rapidement : le prix est un signal, non une sentence. Pour l'Ukraine, il est important de lire ce signal comme un nouvel argument en faveur de la diversification des approvisionnements, du renforcement des réserves stratégiques et de l'efficacité énergétique. Tant que le marché cherche un appui, notre tâche est de minimiser les risques internes et de maintenir le lien avec les partenaires qui peuvent atténuer les conséquences des chocs énergétiques.

Sources : Financial Times; commentaire de Norbert Rüker (Julius Baer); décision de l'OPEP+ du 1er mars.

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