Pourquoi c'est important
La hausse des prix mondiaux du pétrole après l'escalade du conflit en Iran rend le biodiesel économiquement plus attractif. Pour sa production, l'UE et le reste du monde ont besoin de davantage d'huiles végétales — l'une des cultures de matières premières clés en Europe et en Ukraine — le colza. Cela crée une incitation directe pour les agriculteurs à modifier la structure des cultures.
Ce que disent les données et les sources officielles
D'après Reuters, citant le vice-ministre de l'économie Тарас Висоцький, si la hausse des prix des carburants se prolonge, l'Ukraine pourrait augmenter les surfaces consacrées au colza jusqu'à 1,5 million d'hectares — soit environ 400 000 ha de plus qu'actuellement. Selon l'agence APK-Інформ, cela pourrait porter la production à environ 3,8 millions de tonnes en 2026 (contre 3,3 millions en 2025), et les exportations pour la campagne 2026/27 pourraient atteindre 2,7 millions de tonnes.
«Si la situation se prolonge, alors oui — les agriculteurs étendront les superficies consacrées au colza et pourraient atteindre 1,5 million d'hectares à l'automne, soit 400 000 hectares de plus qu'actuellement»
— Тарас Висоцький, vice-ministre de l'économie
Contraintes et risques
La mise en œuvre d'un tel scénario n'est pas automatique. Le colza en Ukraine est majoritairement hivernal — il se sème à l'automne, ce qui rend techniquement difficile d'augmenter les surfaces «en un an». S'y ajoutent des risques : pénurie de semences, engrais et logistique plus coûteux, ainsi que des tensions commerciales avec des partenaires (par exemple, la plainte des agriculteurs espagnols auprès de la Commission européenne concernant des droits de douane sur le soja et le colza).
Ce que cela signifie pour les agriculteurs, le marché et les consommateurs
Pour les agriculteurs — c'est une opportunité d'obtenir des revenus plus élevés si les prix des oléagineux sont favorables. Pour l'État — une augmentation potentielle des recettes en devises provenant des exportations. Pour les consommateurs — un effet double : une matière première plus chère peut faire monter les prix de l'huile, mais en même temps l'augmentation des exportations et de la production de biocarburants modifiera l'offre et la demande sur le marché intérieur.
Conclusion
Si la demande accrue de biodiesel se maintient, l'Ukraine a effectivement la possibilité d'accroître la production de colza. Mais l'essentiel est de transformer ce stimulant tarifaire à court terme en bénéfice durable : la logistique publique, l'accès aux semences et aux engrais, ainsi qu'une politique d'exportation mesurée détermineront si cela devient un avantage à long terme pour le secteur agricole. Saisir cette fenêtre d'opportunité dépendra des saisons à venir et des décisions des autorités et des entreprises.