L'essentiel de la décision
Le Parlement européen a gelé le processus d'adoption de l'accord commercial avec les États-Unis après que Washington a proféré des menaces d'imposition de droits de douane contre des pays européens en raison de la situation autour du Groenland. La décision de la commission signifie le report du vote à une date indéterminée — jusqu'à ce que la partie transatlantique revienne à une politique plus prévisible.
Position du PE
Le président de la commission du commerce du Parlement européen, Bernd Lange, a expliqué la décision par une logique de stabilité : si les États-Unis utilisent les droits de douane comme instrument de pression contre un État membre de l'UE, cela mine la confiance et la prévisibilité des relations commerciales.
"Cependant, en menaçant l'intégrité territoriale et la souveraineté d'un État membre de l'UE et en utilisant les tarifs comme instrument de contrainte, les États-Unis sapent la stabilité et la prévisibilité des relations commerciales entre l'UE et les États-Unis"
— Bernd Lange, président de la commission du commerce du Parlement européen
Ce qu'ont annoncé les États-Unis
À Washington, il a été annoncé l'introduction de droits de douane en représailles : à partir du 1er février — 10 % pour plusieurs pays européens, et à partir du 1er juin — 25 % (la liste comprend le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume‑Uni, les Pays‑Bas et la Finlande). C'est la raison directe de l'inquiétude de Bruxelles.
"À partir du 1er février, le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l'Allemagne, le Royaume‑Uni, les Pays‑Bas et la Finlande seront assujettis à un droit de 10 %, et à partir du 1er juin ce droit passera à 25 %."
— Donald Trump, président des États‑Unis
Contexte : ce qui a déjà été signé
Le 21 août 2025, les États‑Unis et l'UE ont définitivement approuvé un accord‑cadre commercial prévoyant un tarif fixe de 15 % sur un large éventail de produits. Cependant, en octobre, l'UE avait averti que les nouvelles exigences et mesures américaines risquaient de saper cet accord. Ainsi, l'escalade actuelle apparaît non pas comme un incident isolé, mais comme une partie d'une série plus large de différends commerciaux.
Pourquoi c'est important pour l'Ukraine
Pour l'Ukraine, la stabilité du commerce transatlantique n'est pas seulement une question de prix dans les supermarchés. Des régimes douaniers prévisibles influencent les chaînes d'approvisionnement en pièces, éléments d'infrastructure de défense et investissements. Des analystes du Financial Times et du Wall Street Journal ont déjà noté que l'instabilité dans les relations États‑Unis–UE augmente les risques pour l'approvisionnement en semi‑conducteurs, composants automobiles et produits pharmaceutiques — secteurs importants tant pour la sécurité et l'économie européenne que pour celles de l'Ukraine.
Conséquences possibles et scénarios
À court terme — des retards dans la mise en œuvre des accords, une incertitude accrue pour les entreprises et une probable hausse du coût des importations. À moyen terme — une pression sur les positions de négociation des deux parties et le risque d'une propagation des réponses commerciales. Le Parlement européen a visiblement opté pour une tactique de fermeté : au lieu de concessions rapides, il envoie le signal que les mécanismes commerciaux ne doivent pas servir d'instruments de chantage politique.
Conclusion
La décision du PE est un test de stabilité pour le partenariat transatlantique. Pour l'Ukraine, la question principale est simple : les partenaires parviendront‑ils à transformer les différends politiques en négociations qui rétabliront la prévisibilité du commerce et des chaînes d'approvisionnement ? La réponse déterminera non seulement le climat économique en Europe, mais aussi la stabilité opérationnelle des approvisionnements essentiels pour notre défense et notre reconstruction.