En bref — l'essentiel et la conséquence
En 2025, le complexe militaro‑industriel ukrainien a reçu 6,1 milliards de dollars de financements étrangers — dix fois plus qu'en 2024 (environ 600 millions de dollars), a annoncé le ministère de la Défense. Ce ne sont pas de simples chiffres : de telles investissements permettent de transformer les capacités de production et d'accélérer l'intégration de nos entreprises dans les chaînes d'approvisionnement européennes.
D'où viennent ces fonds
Le financement est arrivé par plusieurs canaux. D'une part, une partie — via le soi‑dit «modèle danois» : environ 1,8 milliard de dollars destiné à la production en Ukraine dans le cadre d'un programme lancé en 2024.
D'autre part, des achats directs d'États partenaires ont apporté plus de 4,3 milliards de dollars pour les besoins des forces armées ukrainiennes ; de cette somme près de 900 millions de dollars ont été affectés au projet «Ligne de drones». Troisièmement, une part importante provient des revenus issus des actifs russes gelés — plus de 1,1 milliard de dollars.
Parmi les grands donateurs et donneurs d'ordres figurent le Royaume‑Uni, le Danemark, la Lituanie, le Canada, l'Islande, l'Irlande, les Pays‑Bas, l'Allemagne, la Norvège, les États‑Unis et la Suède. Parallèlement, l'Ukraine a soumis des projets dans le cadre du mécanisme SAFE avec un financement attendu d'environ 5 milliards de dollars.
"Nous remercions tous nos partenaires pour le soutien de la capacité de défense ukrainienne et pour le développement de notre complexe militaro‑industriel — car c'est une contribution au renforcement de la sécurité de toute l'Europe."
— Denys Shmyhal, Premier ministre de l'Ukraine
Ce que cela signifie en pratique
Selon le ministère de la Défense, les capacités de production du complexe militaro‑industriel ont atteint en 2025 35 milliards de dollars. Toutefois, les capacités disponibles ont besoin de commandes réelles et d'un financement stable pour fonctionner à plein régime : les investissements accélèrent la mise en place de la production en série, la localisation des composants et l'accès aux marchés d'exportation.
Un facteur crucial est la transformation du soutien déclaratif en contrats à long terme. À cet égard, la décision de lancer un programme de réarmement de l'UE à partir de 2026 et le prêt consortial (21,5 milliards de hryvnias sous garanties d'État) sont des outils qui peuvent consolider l'effet des investissements actuels.
Risques et conditions de réussite
De fortes injections offrent des opportunités, mais elles posent aussi des défis de gestion : il faut répartir le capital efficacement, garantir des appels d'offres transparents et un contrôle qualité afin que la production ne devienne pas une «bulle financière». Les analystes soulignent que c'est une gouvernance publique et d'entreprise de qualité qui transformera cette vague temporaire de financement en une percée industrielle durable.
Conclusion
Une dizaine d'États, des mécanismes comme le «modèle danois» et des fonds issus d'actifs gelés ont donné un réel élan au secteur de la défense ukrainien. La prochaine étape consiste à faire en sorte que cet argent se traduise par une production en série, des contrats d'exportation et des unités modernisées sur le front. La question n'est pas de savoir si les ressources existent — elles existent. La question est de savoir si nous disposerons de la systématicité et de la transparence nécessaires pour les utiliser de la manière la plus efficace possible.