Tandis qu'en Europe s'affairent les débats sur le format des négociations, les plus éminents penseurs de France ont lancé un ultimatum au Kremlin : aucun accord sans le retour des enfants et civils déportés. Bernard-Henri Lévy, Stéphane Courtois et neuf autres intellectuels ont publié une lettre ouverte dans L'Express, où ils révèlent des chiffres que Moscou tente de cacher au monde.
Ce que les intellectuels demandent à Macron
Dans une lettre publiée le 2 février 2026, les penseurs français ont appelé le président Emmanuel Macron à placer les conditions humanitaires au centre de toute négociation avec la Russie. Ce n'est pas simplement un appel à la paix — c'est un ultimatum adressé au dictateur qui, depuis trois ans, retient en otage des milliers d'Ukrainiens.
Les signataires se sont rassemblés autour de l'initiative People First, lancée par les lauréats du prix Nobel de la paix 2022 — l'Ukrainienne Oleksandra Matviichuk et le Russe Oleg Orlov. Leur message est clair : aucune concession territoriale sans libération des personnes.
"Céder des territoires — ce n'est pas simplement tracer des lignes sur une carte, c'est livrer des millions d'Ukrainiens à un système d'oppression totale"
— Extrait de la lettre ouverte des intellectuels français
Les chiffres que le Kremlin dissimule
Les organisations de défense des droits humains ont documenté l'ampleur des crimes que Poutine tente d'effacer de la mémoire européenne :
19 546 enfants ukrainiens déportés sont officiellement recensés. Parmi eux, seulement 1 954 sont rentrés. Le reste se trouve dans des « centres de rééducation » russes, où ils sont préparés à devenir des soldats contre leur propre patrie. Des centaines de milliers d'enfants dans les territoires occupés subissent une russification forcée dès la maternelle.
Au moins 16 000 civils ukrainiens sont détenus illégalement sur le territoire russe. Selon certaines estimations, leur nombre est bien supérieur. Ces personnes subissent tortures, violences sexuelles et traitements inhumains. Une partie d'entre elles n'ont pas survécu à la captivité.
Des milliers de prisonniers de guerre sont maintenus dans des conditions épouvantables, en violation des conventions de Genève. Beaucoup d'entre eux n'ont pas d'aide médicale et se trouvent dans un état d'épuisement critique.
Entre 3 et 3,3 millions de résidents des territoires occupés sont contraints d'accepter la nationalité russe sous la menace de confiscation de leur logement, de suppression des prestations sociales ou d'emprisonnement. Mais même le passeport ne protège pas : les autorités ont commencé à expulser des Ukrainiens pour les remplacer par des Russes.