Dans la grande diplomatie, l'important n'est pas les déclarations retentissantes, mais les accords discrets
Selon le président Volodymyr Zelensky, lors des pourparlers techniques de deux jours à Abou‑Dabi le point principal sera la question territoriale concernant la région de Donetsk. Ce n’est pas seulement un nouveau round de consultations — il s’agit d’un sujet qui déterminera la trajectoire future de la sécurité et du règlement politique.
"La question du Donbass est cruciale. Elle sera discutée à Abou‑Dabi selon la vision des trois parties, aujourd'hui et demain"
— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine
Le chef du groupe de négociation, secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense (РНБО) Рустем Умєров, d’après le président, rend compte et coordonne le travail de l’équipe à chaque étape — c’est un signal d’une approche systémique et cohérente de la part de Kyiv concernant les négociations.
Garanties de sécurité : le document est prêt, mais il y a des réserves
Zelensky a déclaré que le traité sur les garanties de sécurité est déjà prêt «à être signé» et que l’Ukraine attend des États‑Unis des informations sur le lieu et la date de la cérémonie. Cependant, la nuance clé est que le document doit être ratifié par le Congrès des États‑Unis, c’est‑à‑dire que la signature ne signifiera pas automatiquement une mise en œuvre immédiate.
Selon le président, lors d’une récente rencontre avec le dirigeant américain, la question de la défense antiaérienne a également été abordée ; Zelensky a exprimé l’espoir d’un «résultat positif», mais il a souligné qu’il ne pourra s’en prononcer officiellement que lorsque le résultat sera en Ukraine. Cela souligne le fossé entre les accords diplomatiques et l’aspect procédural de leur approbation par les partenaires.
La position des États‑Unis et le format technique des pourparlers
"Le plan de paix a été réduit à une seule question, mais laquelle précisément — il n’a pas précisé. Je reviendrai bientôt en Ukraine"
— représentant spécial des États‑Unis Vitkoff
Officiellement, les pourparlers se déroulent à un «niveau technique» — cela signifie que pour l’instant les parties comparent leurs positions, les variantes de formulations et les mécanismes. Le niveau technique n’exclut pas des décisions politiques, mais celles‑ci exigeront des démarches politiques séparées et, vraisemblablement, du temps supplémentaire.
Ce que cela signifie pour l'Ukraine
Si le Donbass devient réellement le sujet central des discussions tripartites, cela déterminera à la fois le format des concessions à venir et les délais de stabilisation de la sécurité. Les facteurs clés à suivre : si les parties s’accorderont sur des formulations claires concernant les frontières et le contrôle, à quoi ressemblera le mécanisme de garanties et quel sera le calendrier de ratification chez les partenaires.
Les analystes soulignent que la disponibilité du document est un signal positif, mais que sa mise en œuvre dépendra de la volonté politique à Washington et de la capacité de Kyiv à transformer les accords en mécanismes de sécurité concrets.
La balle est maintenant dans le camp des partenaires : les accords préliminaires se traduiront‑ils par des signatures et des garanties réelles — question dont la réponse déterminera la planification sécuritaire de l’Ukraine dans les mois à venir.