Ce qui s'est passé
D'après The Times of Israel et l'agence iranienne Mehr, le Conseil des experts d'Iran a choisi un candidat pour le poste de prochain guide suprême. Dans le même temps, l'Armée de défense d'Israël a publié sur le compte X en farsi un message menaçant de «poursuivre tout successeur et quiconque tenterait de le désigner». Cette combinaison d'un transfert intérieur du pouvoir et d'une rhétorique militaire extérieure crée un risque réel d'escalade dans la région.
Qui est candidat — et pourquoi c'est important
«Le vote pour la nomination du dirigeant a eu lieu, et le dirigeant a été choisi»
— Ahmad Alamolhoda, membre de l'Assemblée des experts (agence Mehr)
Le secrétariat du conseil doit annoncer le nom plus tard. L'Assemblée compte 88 clercs. Le média d'opposition Iran International, citant des sources, a écrit qu'il s'agirait de Mojtaba — le fils de l'ancien ayatollah Ali Khamenei — et que son élection pourrait avoir eu lieu sous la pression du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). CNN souligne que les procédures chiites traditionnelles et l'absence chez Mojtaba d'un haut statut religieux rendent une transmission du pouvoir «du père au fils» problématique et controversée au sein de l'élite.
La position d'Israël : un ultimatum ouvert
«Après la neutralisation du tyran Khamenei, le régime iranien terroriste tente de rétablir son pouvoir et d'élire un nouveau dirigeant... Nous voulons vous informer que l'État d'Israël continuera à poursuivre tout successeur et quiconque tenterait de le désigner»
— Armée de défense d'Israël (message du compte X, en farsi)
Axios a également rapporté qu'un responsable israélien de la défense non identifié avait évoqué des frappes contre l'Assemblée des experts, apparemment pour empêcher l'élection. Par ailleurs, des sources américaines et israéliennes ont discuté de la possibilité d'opérations visant l'accès aux stocks d'uranium hautement enrichi — un autre point potentiel d'escalade.
Pourquoi cela compte pour l'Ukraine
Cette affaire importe bien au-delà du Moyen-Orient. D'abord, il existe un lien direct avec la sécurité énergétique : une escalade dans le Golfe Persique augmente la volatilité des prix du pétrole et des carburants et complique la logistique — comme l'a déjà écrit LIGA.net. Pour le marché ukrainien, de tels chocs signifient des prix plus élevés et des risques de pénurie.
Ensuite, une large escalade détourne l'attention politique et les ressources de défense des partenaires, notamment en matière de défense aérienne et de renseignement. Les analystes préviennent qu'en cas d'aggravation, les livraisons de matériel et d'équipements militaires pourraient être retardées ou réorientées selon les priorités des États-Unis et de l'Europe.
Enfin, toute frappe contre des institutions clés iraniennes ou toute tentative de s'emparer de stocks nucléaires aurait des conséquences mondiales pour les systèmes de sécurité et de non‑prolifération, ce qui complique également le tableau stratégique pour l'Ukraine.
Conclusion
La nomination d'un nouveau guide suprême sous la pression et les menaces publiques de frappes crée un scénario de tension accrue et d'instabilité sur le marché des énergies. Pour l'Ukraine, c'est un signal d'agir de façon pragmatique : diversifier les approvisionnements, renforcer les réserves de carburant et accélérer la livraison par les partenaires de systèmes concrets de défense aérienne et de renseignement. La question de savoir si les partenaires internationaux transformeront la rhétorique en contrats réels est celle dont la réponse déterminera notre capacité à résister aux prochaines vagues d'instabilité mondiale.