Merz : l'Allemagne prête à déployer des forces sur le territoire de l'OTAN à proximité de l'Ukraine — ce que cela apporte à Kyiv

Lors d'une conférence de presse à Paris, le chancelier allemand Friedrich Merz a promis de participer à la surveillance et, le cas échéant, au déploiement de forces sur les territoires de l'OTAN voisins de l'Ukraine après le cessez-le-feu. Nous décryptons quelles conditions sous-tendent cette déclaration et pourquoi elle est importante pour la sécurité de l'Ukraine.

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Dans la grande diplomatie, ce qui compte ce ne sont pas les déclarations tonitruantes mais des conditions concrètes

Lors d'un point de presse à Paris, le chancelier allemand Friedrich Merz n'a pas parlé d'un déploiement immédiat d'un contingent en Ukraine, mais du stationnement de forces sur un territoire adjacent de l'OTAN et de la participation à la surveillance d'un futur cessez-le-feu. C'est un signal d'un changement de format de soutien : passer de la fourniture de moyens à la disposition à créer un bouclier de sécurité à proximité de la frontière ukrainienne, mais selon des conditions juridiques et politiques claires.

La position de l'Allemagne

Merz a qualifié la réunion de la « coalition des volontaires » à Paris de pas en avant dans la préparation d'un cessez-le-feu. Selon lui, l'Allemagne est prête à contribuer « sur terre, en mer et dans les airs », mais seulement si trois conditions clés sont remplies : des garanties de sécurité juridiquement contraignantes, un cessez-le-feu convenu avec la partie russe qui permettra à la coalition d'agir de manière décisive, et la possibilité pour chaque partenaire de prendre des décisions conformément à ses procédures internes.

"Cela peut, par exemple, signifier qu'après le cessez-le-feu nous déclarerons des forces pour l'Ukraine sur un territoire adjacent de l'OTAN. Je veux dire clairement : quant à la nature et à l'ampleur de la contribution allemande, nous – le gouvernement fédéral et le Bundestag – prendrons la décision après que ces conditions auront été précisées. De ma part et au nom du gouvernement fédéral, je dirai : nous n'excluons rien en principe."

— Friedrich Merz, chancelier allemand

Quelles conséquences pratiques pour l'Ukraine

Si cette logique est mise en œuvre, l'Ukraine obtiendra un niveau supplémentaire de dissuasion : les forces de l'OTAN redéployées sur un territoire voisin rendent toute agression plus coûteuse pour l'adversaire et offrent plus de temps pour une réponse diplomatique. En même temps, un tel scénario exige : l'accord des États-Unis et d'autres partenaires clés, des garanties juridiques claires et une approbation au niveau national (par exemple du Bundestag). Il peut donc y avoir une longue période de concertation entre la promesse et sa mise en œuvre.

Contexte et signaux des partenaires

Les déclarations de Merz doivent être lues en regard de deux faits : le 3 janvier Volodymyr Zelensky a souligné que l'efficacité de la "coalition des volontaires" dépendait de la volonté des pays clés d'assurer une présence militaire après le cessez-le-feu ; le 6 janvier à Paris, Zelensky, Emmanuel Macron et Keir Starmer ont signé une déclaration d'intention relative au déploiement de forces multinationales. Ce n'est pas fait dans le vide — il y a un mouvement politique en faveur de garanties plus nettes.

Conclusion — et ensuite ?

La déclaration de l'Allemagne est un élément important de la construction de la sécurité d'après-guerre : elle augmente les chances d'un réel effet dissuasif, mais ne remplace pas les accords juridiques et les mesures concrètes. L'enjeu maintenant : transformer les déclarations en calendriers précis, en mécanismes de contrôle et en engagements des partenaires, notamment des États-Unis. Sans cela, les paroles resteront politiquement importantes, mais d'une efficacité limitée. La question de savoir si les partenaires sont prêts à passer des intentions à l'exécution déterminera le niveau de sécurité de l'Ukraine dans les années à venir.

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