Résumé
Selon Reuters, les États-Unis prévoient de confier à des officiers européens la direction de deux des principaux postes de commandement de l'OTAN — à Naples (Italie) et à Norfolk (État de Virginie). Il s'agit d'un changement discret mais significatif dans la structure de l'Alliance, qui reflète la volonté d'un plus grand apport européen à la défense collective.
Détails de la réorganisation
Des sources militaires anonymes de Reuters indiquent que ces deux postes de commandement sont actuellement dirigés par des amiraux américains. Dans le cadre de la réorganisation, ce sont des officiers européens qui prendront la tête du Commandement interarmées allié à Naples et du Commandement des forces alliées à Norfolk. Un porte-parole de l'OTAN a confirmé qu'il s'agit d'une composante d'un nouveau partage des responsabilités convenu entre les officiers supérieurs de l'Alliance.
"Les alliés se sont accordés sur un nouveau partage des responsabilités des officiers supérieurs dans la structure de commandement de l'OTAN, dans lequel les alliés européens, y compris les membres les plus récents de l'OTAN, joueront un rôle plus visible dans la direction militaire de l'Alliance."
— Un porte-parole de l'OTAN (Reuters)
Ce qui reste aux États-Unis
Selon la même source, les États-Unis conserveront toutefois la direction de trois commandements d'un niveau légèrement inférieur mais dotés d'importantes responsabilités opérationnelles : le Commandement allié des forces aériennes, le Commandement allié maritime et le Commandement allié terrestre. Le Washington Post et Reuters avaient également fait état de projets de suppression d'environ 200 postes au sein des structures de l'OTAN chargées de la planification des opérations militaires et des activités de renseignement.
Pourquoi c'est important pour l'Ukraine
Le réajustement du commandement est plus qu'une décision de personnel. C'est un signal : les alliés européens sont prêts à assumer une plus grande part de responsabilité pour la sécurité du continent. Pour l'Ukraine, cela signifie deux choses clés.
Premièrement, un rôle accru du commandement européen pourrait conduire à des décisions plus rapides et à une meilleure coordination au niveau européen de la défense. Deuxièmement, cette responsabilité doit être soutenue par des ressources : accroître les responsabilités sans moyens humains, équipements et intégration du renseignement se transformera en déclaration plutôt qu'en aide concrète.
Contexte analytique
La décision répond à la pression de Washington — partie d'une logique de longue date consistant à demander aux Européens d'investir davantage dans leur défense. Mais le lien entre « plus de responsabilités » et « un soutien plus efficace à l'Ukraine » n'est pas automatique. L'effet dépendra de mesures concrètes : rotations, normes d'interopérabilité, partage du renseignement et financement des opérations.
Conclusion
Ce réaménagement est une étape importante vers une défense transatlantique plus équilibrée. Toutefois, pour l'Ukraine, la question cruciale reste pratique : les alliés transformeront-ils les déclarations en ressources visibles et en soutien opérationnel ? La réponse dépendra des décisions ultérieures des capitales européennes et des mesures concrètes prises par l'OTAN.