Travail systématique pour la sécurité : pourquoi la comptabilisation des terminaux Starlink est importante
Le 1er février, il a été annoncé la déconnexion des terminaux Starlink non vérifiés dans le cadre de la lutte contre les drones russes ; le 2 février, le ministère de la Défense a publié une instruction de vérification. Ce n’est pas seulement une question technique : l’absence d’une comptabilisation adéquate crée des risques juridiques pour les structures d’État et leurs dirigeants. Nous examinons comment protéger à la fois les ressources et les personnes qui en disposent.
Ce que vérifie l'audit
Lors des audits dans le secteur de la défense, le Service d'audit d'État analyse non seulement les achats, mais aussi l’utilisation effective des biens, les sources d’origine et les procédures d’enregistrement. Si les terminaux sont utilisés mais que leur statut juridique n’est pas documenté, cela peut être interprété comme une violation des règles de tenue des comptes des biens de l’État ou de la discipline budgétaire.
"La responsabilité administrative ou disciplinaire est plus typique dans de tels cas"
— Dmytro Palyushchenko, responsable de la pratique d'accompagnement des entreprises, Juscutum (commentaire pour LIGA.net)
Conséquences possibles — du plus probable au moins probable
La pratique juridique présente plusieurs scénarios :
- Des recommandations ou exigences de mise en conformité de la comptabilité : les auditeurs peuvent exiger d’assurer la comptabilisation au bilan et de justifier par des documents les sources d’arrivée.
- Des observations administratives ou disciplinaires à l’encontre des personnes responsables — une option typique si l’absence d’enregistrement crée des risques de corruption.
- La responsabilité pénale — peu probable sans signes d’intention fautive ou de bénéfice personnel ; la décision dépendra des circonstances supplémentaires et de l’ensemble des preuves.
Checklist pratique : ce qu'il convient de faire immédiatement
Pour minimiser les risques pour la défense et les responsables, l’avocat conseille de se concentrer sur plusieurs actions simples :
- Rassembler l’ensemble des documents relatifs à la réception des terminaux : procès-verbaux, ordres, correspondance, actes de réception-transfert.
- Formaliser le droit d’usage ou de propriété via des documents internes locaux — par exemple, des ordres des commandants, des descriptions et des registres ; si nécessaire, consigner le transfert dans les livres d’inventaire.
- Créer un registre interne de suivi des terminaux et désigner les personnes responsables de leur état et de leur utilisation.
- Soumettre une notification selon la procédure établie conformément au décret n°115, si la procédure l’exige.
- Solliciter un accompagnement juridique pour évaluer les risques anticorruption (notamment au regard de la art. 54 de la loi sur la prévention de la corruption) et préparer la base de preuves pour d’éventuelles vérifications.
Contexte et conclusion
Il s’agit de deux choses à la fois : l’efficacité de la défense et la transparence dans la gestion des ressources. Des ordres, des registres et des documents émis en temps utile réduiront non seulement les risques pour les responsables, mais protégeront aussi les capacités opérationnelles des unités contre des surprises bureaucratiques lors des audits.
Le relais revient maintenant aux états‑majors et à la direction : les déclarations de présence de matériel doivent se traduire par des ordres concrets et des inscriptions dans les registres — sinon, sur le front, des problèmes peuvent surgir non seulement à cause de l’ennemi, mais aussi à cause de l’absence de documents.