Ce qui s’est passé
Le 14 janvier 2026, la Verkhovna Rada a nommé Natalukha à la tête du Fonds de la propriété d'État ; ses pouvoirs de députée ont été interrompus de façon anticipée. La Commission électorale centrale a examiné la résolution correspondante et a déclaré élu député le candidat suivant sur la liste du parti «Serviteur du peuple» — Roman Kravets (n°153 sur la liste du parti).
Qui est Roman Kravets
Roman Kravets a 31 ans. Des enquêtes journalistiques, notamment des articles de hromadske (juin et novembre 2024), l'ont présenté comme le probable propriétaire du canal Telegram bloqué «Joker» et ont attiré l'attention sur d'éventuels liens avec le bureau du président. Selon les déclarations publiques de Kravets, une partie de ses déplacements à l'étranger pendant la guerre à grande échelle était liée à des activités de volontariat ou à l'achat de drones ; il a également affirmé avoir vendu le canal par le passé — ce fait n'a pas été confirmé officiellement.
«Joker» figure dans la liste des ressources pro-Kremlin qui «sont utilisées par des personnes non identifiées pour mener des activités informationnelles destructrices au préjudice de la sécurité de l'État ukrainien».
— Service de sécurité de l'Ukraine (en réponse à la demande d'Iryna Herashchenko)
Pourquoi c'est important
La décision de la Commission électorale centrale, selon la procédure classique, est techniquement correcte : le siège au parlement est occupé par le suivant sur la liste. Mais l'essentiel ne réside pas dans la procédure, et oui dans les risques pour la sécurité de l'information et la confiance envers les mécanismes de réserve de cadres des partis. La présence dans l'espace public d'un protagoniste d'enquêtes et d'une ressource qui figurait auparavant dans les listes du SBU comme nuisible renforce le besoin de clarifications publiques et rapides de la part du parti et des institutions chargées de la sécurité.
Que faire ensuite
Le parlement et la société ont désormais quelques attentes simples mais importantes : transparence sur les résultats des vérifications, une réaction rapide des commissions spécialisées et la disposition des forces de l'ordre à agir dans le respect de la loi. Les journalistes et les analystes poursuivront la surveillance ; les dirigeants du parti devront expliquer leur choix de personnel. La question principale pour les citoyen·ne·s et les partenaires : les institutions vont-elles optimiser les procédures de sélection et de contrôle afin que de tels risques ne deviennent pas systémiques ?
Il s'agit d'un cas de résilience institutionnelle : l'exécution technique d'une procédure est une chose, ses conséquences pour la sécurité et la confiance en sont une autre. L'État disposera-t-il des outils nécessaires pour minimiser les menaces informationnelles et préserver la réputation du parlement ? La réponse dépendra de la rapidité et de la qualité des mesures à venir.