Ce qui s'est passé
Elon Musk a annoncé que Tesla relance le travail sur Dojo3 — la troisième génération de son superordinateur maison destiné à l'entraînement des systèmes de conduite autonome. Le projet avait été mis en pause en 2025, l'équipe dissoute afin de réorienter les ressources vers le développement des puces AI5 et AI6.
« Reprendre Dojo a été rendu possible après l'achèvement du projet AI5 »
— Elon Musk, fondateur et PDG de Tesla
Pourquoi c'est important
La décision n'est pas que technique : elle illustre comment les entreprises ont équilibré le traitement local des données dans le véhicule et l'entraînement centralisé de grands modèles. En substance, Tesla a achevé la phase de création de puces « de bord » pour les voitures (AI5), et revient maintenant à l'infrastructure pour des entraînements à grande échelle (Dojo3), qui impose d'autres exigences en termes de performance et d'efficacité énergétique.
AI5 vs AI6 et le rôle de Samsung
Selon Musk, les AI5 sont optimisés pour le traitement des données directement dans le véhicule — rapides et économes en énergie — mais ils ne conviennent pas à l'entraînement de grands modèles. La production des AI6 a été confiée à Samsung : les puces seront fabriquées dans une usine au Texas dans le cadre d'un accord d'environ $16 milliards. C'est un signal d'un pari à long terme sur la production à grande échelle et la diversification des chaînes d'approvisionnement.
Dojo orbital — une mode technologique ou un choix stratégique ?
Musk a évoqué la possibilité de placer Dojo3 en orbite — avançant comme argument un meilleur refroidissement et une alimentation par énergie solaire. L'idée est séduisante sur le plan technique, mais elle soulève des questions de latence, de coût de lancement et de sécurité des données. Les analystes soulignent que les centres de données orbitaux peuvent avoir du sens pour des tâches spécifiques, mais ne constituent pas une solution universelle pour tous les besoins d'entraînement de modèles.
Monétisation des données : abonnement à l'autopilote et modèles accessibles
Parallèlement, Tesla bascule la fonction de conduite autonome vers un modèle d'abonnement mensuel. Cela signifie un flux stable de données et d'argent — des ressources clés pour l'entraînement à grande échelle des modèles dans Dojo3. La disponibilité de la Model Y Standard Long Range en Europe avec une autonomie de 657 km augmente également le parc de capteurs actifs qui génèrent des données d'entraînement.
« Le centre de données spatial permettra de mieux refroidir les équipements et de les alimenter grâce à l'énergie solaire »
— Elon Musk, fondateur et PDG de Tesla
Ce que cela signifie pour l'Ukraine
Les tendances de Tesla sont importantes au-delà de l'industrie automobile : elles soulignent la valeur du contrôle sur les puces, l'infrastructure de calcul et les flux de données. Pour l'Ukraine, cela se traduit par trois leçons clés :
- Indépendance en matière de puces — des capacités locales ou des partenaires de production fiables (comme dans le cas de Samsung) réduisent les risques en cas de force majeure.
- Données et monétisation — des sources de données stables (services, abonnements) permettent d'investir dans l'entraînement des modèles et de commercialiser des produits.
- Flexibilité infrastructurelle — l'équilibre entre l'edge (dans la voiture) et les centres d'entraînement (Dojo) est important pour les usages militaires et civils, où la latence, la consommation d'énergie et la fiabilité sont critiques.
Conclusion
Tesla revient à Dojo3 non pas par effet de mode, mais dans le cadre d'un cycle logique — d'abord concevoir des puces écoénergétiques pour le produit, puis monter en puissance pour entraîner de grands modèles. Pour l'Ukraine, cette histoire rappelle que la souveraineté technologique et les partenariats (dans la microélectronique et le calcul) ne sont pas des notions abstraites, mais des éléments concrets de sécurité et d'économie. Alors que Dojo3 prend de l'ampleur, il convient de surveiller non seulement les détails techniques, mais aussi les modèles économiques et les partenaires qui détermineront qui obtiendra les nouvelles capacités de calcul mondiales.