Le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a appelé les habitants à faire des provisions alimentaires et, si possible, à partir temporairement en raison de l'aggravation de la situation énergétique. Malgré cela, le marché locatif dans la capitale continue de vivre selon ses propres règles : les prix augmentent et la demande se concentre sur les biens disposant de sources d'énergie autonomes.
«La capitale, en lien avec une situation très difficile dans le secteur de l'énergie et en comprenant que l'ennemi, avec une forte probabilité, continuera d'attaquer les infrastructures critiques de la ville et du pays, se prépare à réagir à différents scénarios d'évolution des événements»
— Vitali Klitschko, maire de Kyiv
Le marché ne s'est pas arrêté
Selon les données de UNN et les enquêtes d'experts, il n'y a pas eu d'effondrement brutal du marché locatif : les appartements continuent d'être loués, mais la structure de la demande a changé. C'est ce qu'affirme Larisa Stavynoga, présidente de l'Union des spécialistes de l'immobilier d'Ukraine.
«Je ne peux pas dire que le marché s'est arrêté, que rien ne se loue. Tout se louait, et se loue toujours»
— Larisa Stavynoga, présidente de l'Union des spécialistes de l'immobilier (source : UNN)
La raison est simple : bailleurs et locataires s'adaptent à ce nouveau paysage de risques. Là où l'immeuble dispose de solutions autonomes (générateur, panneaux solaires, cheminée, pompes de secours), la demande et les prix se maintiennent voire augmentent. Là où ces possibilités font défaut, on observe stagnation ou baisse des prix.
Ce que cherchent les locataires cet hiver
Les principales demandes sont liées à l'indépendance énergétique et à la disponibilité des services de base. Les locataires s'informent sur la présence d'alimentation de secours, le fonctionnement des ascenseurs lors des coupures et les systèmes autonomes de chauffage et d'approvisionnement en eau.
Dans les ensembles dotés d'infrastructures modernes, le loyer se maintient, parfois augmente : les gens sont prêts à payer pour la stabilité et la sécurité. En revanche, le parc immobilier ancien, sans ОСББ ni société de gestion efficace, perd en prix et en attractivité.
Demande pour maisons individuelles et solutions collectives
La demande pour des maisons individuelles autonomes a augmenté. L'hiver dernier, ces maisons étaient plus difficiles à louer en raison des coûts de chauffage ; aujourd'hui, lorsque de nombreuses propriétés sont équipées de générateurs, de cheminées ou de panneaux solaires, elles trouvent rapidement des locataires. Selon les experts, les maisons se louent désormais même à 2–2,5 milliers de dollars par mois, alors qu'auparavant des offres similaires n'étaient pas acceptées même pour ≈15 000 грн.
La nouvelle tendance est la location collective : 2–3 familles se regroupent pour répartir les coûts liés à l'autonomie durant l'hiver. C'est un exemple de rationalisation des dépenses en réponse aux risques externes.
Géographie de la demande : où l'on déménage
L'experte note un déplacement de la demande vers la rive droite de la capitale et vers les axes de sortie — Zhytomyr et Odesa. La rive gauche perd des locataires en raison de perturbations des transports lors des alertes aériennes et de problèmes d'approvisionnement en énergie.
Pourquoi les appels au départ n'ont pas effondré la location
Premièrement, l'appel des autorités municipales avait un caractère préventif et ne signifiait pas une évacuation massive avec réinstallation à long terme. Deuxièmement, le marché s'est déjà adapté : une partie du parc est devenue techniquement plus attractive, une autre a perdu de la demande. Troisièmement, pour beaucoup, partir est une décision économiquement défavorable ou impossible : le travail, l'éducation, les obligations familiales retiennent les gens en ville.
Conséquences et recommandations
À court terme, cela se traduit par une augmentation des dépenses pour les ménages qui recherchent des options plus sûres. Pour les propriétaires immobiliers, c'est un signal d'investir dans des systèmes autonomes pour augmenter la liquidité et le niveau des loyers. Pour les autorités municipales et nationales, c'est un test de préparation : des programmes ciblés sont nécessaires pour soutenir la modernisation écoénergétique des logements et encourager l'installation de sources d'alimentation de secours dans les immeubles collectifs.
Le milieu des experts s'accorde sur le fait que la demande pour le logement énergétiquement autonome continuera de croître. Les attentes des habitants sont simples — sécurité et coûts prévisibles. La réponse doit aussi être pratique : investir dans l'autonomie n'est pas seulement une opportunité commerciale, c'est un élément de résilience nationale.
La balle est maintenant dans le camp des partenaires : les signaux du marché montrent où vont l'argent et les attentes. Les programmes publics et les initiatives locales doivent transformer ces signaux en investissements concrets dans le chauffage et l'approvisionnement énergétique, afin de rendre Kyiv plus résilient cet hiver et les suivants.