Babiš ne mettra pas fin à « l'initiative tchèque » : les obus destinés à l'Ukraine restent sous la coordination de Prague

Après la réunion de la «coalition des volontaires» à Paris, le nouveau Premier ministre tchèque a confirmé : l'initiative visant à fournir des munitions se poursuivra. Pour le front — un signal de stabilité, pour Kyiv — l'occasion de vérifier la logistique et les garanties.

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Ce qu'a annoncé Babiš à Paris

Le nouveau Premier ministre tchèque Andrej Babiš, après la réunion de la «coalition des volontaires» du 6 janvier, a déclaré qu'il n'entendait pas interrompre la soi‑disant «initiative tchèque» de fourniture de munitions à l'Ukraine. Selon lui, les détails définitifs doivent être confirmés par le Conseil national de sécurité (BRS), mais à ce stade l'initiative a été décidée de se poursuivre et la République tchèque restera coordinatrice.

"J'ai encore une réunion du BRS devant moi, où j'obtiendrai des détails supplémentaires concernant 'l'initiative munitions', toutefois ... j'ai pris la décision de ne pas abandonner cette initiative. Le projet se poursuivra et la République tchèque continuera d'assurer le rôle de coordinateur. Aucune somme des citoyens tchèques ... ne sera investie"

— Andrej Babiš, Premier ministre de la République tchèque (publication sur le réseau social X)

Pourquoi c'est important pour l'Ukraine

Réponse courte : la continuité des livraisons. Quand la coordination de la part du pays partenaire est maintenue, cela réduit les risques de rupture logistique et donne à nos logisticiens le temps de planifier la répartition des munitions. Pour le front, même le maintien modéré du rythme des livraisons fait la différence entre des interruptions temporaires et le soutien des opérations offensives/défensives.

Détails techniques et financiers de l'initiative

D'après les informations disponibles, dans le cadre de «l'initiative tchèque», environ 3,7 millions de munitions ont été livrées à l'Ukraine, dont la société Czechoslovak Group (CSG) a fabriqué environ 2,7 millions. Le coût estimé de l'initiative se situe entre 4 et 4,5 milliards d'euros. Babiš a souligné que dans le cadre de ce modèle, aucun financement direct à partir du budget des citoyens tchèques n'est prévu.

"L'initiative tchèque concernant les munitions est avantageuse non seulement pour l'Ukraine, mais aussi pour la République tchèque"

— Jan Hamáček, directeur des relations extérieures de CSG (entretien LIGA.net)

Contexte politique

La décision de Babiš n'est pas une preuve inconditionnelle d'un engagement à long terme — elle intervient dans un contexte de pression politique et de critiques antérieures. En 2025, pendant la campagne électorale, Babiš a ouvertement critiqué le propriétaire de la CSG, Michal Strnad, et a dénoncé l'inconvenance des surprofits réalisés pendant la guerre. Désormais les autorités promettent de poursuivre la coordination, tout en préparant parallèlement des audits et des procédures de contrôle via le BRS.

Et ensuite

La poursuite de l'initiative est un signe positif pour la sécurité ukrainienne, mais l'utilité pratique dépendra de deux éléments : la rapidité de la logistique et la transparence des mécanismes financiers. Si la coordination depuis Prague reste efficace, cela réduira les risques de ruptures dans les chaînes d'approvisionnement. Si les contrôles révèlent des problèmes, des changements de modèle de coopération ou une réorientation des livraisons sont possibles.

La balle est désormais dans le camp de Kiev et des partenaires : la déclaration de prolongation de l'initiative doit se transformer en contrats concrets, en calendriers de livraison et en garanties de livraison sur la ligne de front. C'est de cela que dépendra l'ampleur de l'effet sur la sécurité en première ligne.

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