En bref — ce qui s'est passé et pourquoi cela compte
Bloomberg, citant des traders, écrit que les raffineries chinoises, après la restriction d'accès au pétrole vénézuélien, ont commencé à envisager plus activement des approvisionnements en provenance du Canada comme alternative. Ce n'est pas un simple déplacement de tankers — c'est un signal sur la manière dont les sanctions et les actions politico-militaires modifient la logistique des approvisionnements énergétiques.
Pourquoi le Canada — même s'il est plus cher
Selon des sources de Bloomberg, le pétrole canadien coûte environ 8–9 dollars de plus le baril comparé au Merey vénézuélien, ce qui peut dissuader une partie des raffineurs. En revanche, le facteur clé devient le temps de livraison : de Vancouver à Qingdao — environ 17 jours, alors que la traversée depuis le golfe d'Amuay au Venezuela dure environ 57 jours. Pour des raffineurs peu sensibles au prix, mais ayant besoin d'approvisionnements stables et d'une rotation rapide du capital, c'est un argument décisif.
"Les demandes de la Chine pour des approvisionnements en provenance du Canada ont augmenté après les récents événements — les fournisseurs recherchent des grades dont les caractéristiques se rapprochent du Merey et qui peuvent arriver plus rapidement au port."
— des traders interrogés par Bloomberg
Ce qui est en mer et quelles alternatives
Les traders rapportent qu'environ 22 millions de barils de pétrole vénézuélien se trouvent actuellement en stockages flottants près de la Malaisie et de la Chine — cela suffirait pour environ deux mois. Une fois ces stocks épuisés, les importateurs devront chercher des alternatives : outre le Canada, il pourrait s'agir de grades lourds du Brésil ou de fioul lourd.
Parmi les acheteurs réguliers du pétrole vénézuélien, Bloomberg cite Shandong Chambroad Petrochemicals Co., Shandong Dongming Petroleum & Chemical Group et Sinochem Hongrun Petrochemical Co. Ces entreprises évaluent désormais le compromis entre le prix, le délai de livraison et les exigences techniques pour le raffinage de matières premières lourdes et riches en soufre.
Conséquences pour le marché et pour l'Ukraine
Cette histoire illustre comment des décisions politiques (en particulier le blocage des tankers visés par des sanctions et l'arrestation de la direction du régime) transforment rapidement les chaînes d'approvisionnement. Pour le marché, cela signifie une prime à court terme pour des livraisons plus légères et plus proches, et un éventuel excès d'offre de pétrole lourd alternatif d'ici quelques mois.
Pour l'Ukraine, le signal est d'un autre ordre : les alliés démontrent leur capacité à réorienter l'approvisionnement énergétique sous pression politique. Cela renforce l'importance de la coordination des sanctions et de la diplomatie énergétique — des outils qui ont déjà prouvé leur efficacité pour contenir les régimes autocratiques.
"C'est un exemple de la manière dont une réorientation logistique rapide peut atténuer l'effet des sanctions et, en même temps, modifier les incitations économiques pour les producteurs."
— des analystes du marché de l'énergie
Conclusion
La situation des livraisons de pétrole vénézuélien, après les actions américaines (blocage des tankers le 17 décembre 2025, capture de la direction du régime le 3 janvier et procès le 5 janvier), met le marché devant un choix : payer davantage pour la rapidité et la fiabilité, ou risquer des ruptures et une chaîne d'approvisionnement longue. Pour l'Ukraine, cela rappelle que la politique énergétique et la politique de sanctions font partie de la stratégie de sécurité, où les résultats se mesurent non seulement par des déclarations retentissantes, mais aussi par le réajustement des routes et les investissements dans les infrastructures critiques.