Ce qui s'est passé
Selon NV, la société Inditex SA — propriétaire des marques Zara, Pull&Bear, Massimo Dutti et Bershka — a résilié les baux avec les centres commerciaux «Most-City» et «Karavan» à Dnipro. La décision est liée aux bombardements répétés, au fonctionnement instable des centres commerciaux et à la fuite des clients, ce qui a rendu l'exploitation des magasins déficitaire.
Contexte
Zara avait suspendu ses activités en Ukraine au début de l'invasion à grande échelle et est revenue au printemps 2024. À présent, les surfaces destinées aux magasins dans les centres commerciaux de Kharkiv et d'Odessa restent louées, mais leur fonctionnement effectif est «sous question», écrit NV.
Ce que cela signifie (analyse)
Première conclusion — c'est un signal de la sensibilité économique du grand commerce international à l'environnement sécuritaire et de consommation. Quand le flux de clients diminue, les coûts de location et de logistique rendent rapidement l'opération non rentable.
Deuxième point — ces fermetures libèrent des surfaces commerciales importantes, auparavant destinées aux marques internationales. Comme le note la fondatrice de la marque ukrainienne One By One, la direction de plusieurs centres commerciaux s'était adressée aux producteurs locaux avant la résiliation des contrats d'Inditex.
"La direction de plusieurs centres commerciaux nous avait contactés pour proposer une collaboration avant même la résiliation de leurs contrats avec Inditex"
— Lidiia Smetana, fondatrice de la marque One By One
Opportunités et risques pour l'Ukraine
Opportunité : les grandes surfaces commerciales offrent aux marques ukrainiennes la possibilité de se développer et d'occuper la niche laissée par les opérateurs étrangers. C'est un signal positif pour l'industrie — plus de visibilité, d'emplois et de chaînes d'approvisionnement.
Risques : la sécurité et la restauration de la confiance des consommateurs restent déterminantes. Si les flux de clients ne se rétablissent pas ou si les conditions de location demeurent défavorables, même les surfaces libérées peuvent rester vides ou être occupées par des solutions temporaires à faible valeur ajoutée.
Et ensuite
La décision d'Inditex — ce n'est pas seulement une question de magasins isolés à Dnipro ; c'est un indicateur pour le marché : les investisseurs étrangers et les enseignes évaluent le rapport risque-rendement. Pour les marques ukrainiennes, il est important de saisir l'opportunité de manière systémique : investir dans la logistique, le merchandising et le marketing afin que les surfaces occupées fonctionnent efficacement et sur le long terme.
Conclusion
La fermeture des magasins Zara à Dnipro est le symptôme d'un processus plus large d'adaptation du marché aux réalités de guerre. C'est un défi pour le commerce international et en même temps une opportunité pour les marques nationales. La tâche des entreprises et des autorités est désormais de transformer ces surfaces libres en emplois durables et en catalyseurs de la reprise économique, et non en solutions temporaires.