En bref
La juge de la Cour de district des États-Unis, Yvonne Gonzalez Rogers, a mis en doute la méthodologie de calcul des dommages dans la plainte d'Elon Musk contre OpenAI et Microsoft pour plus de 134 milliards de dollars, mais n'a pas exclu les témoignages d'experts qui soutiennent ce montant. Selon le Financial Times.
Position du tribunal
Lors de l'audience préparatoire, la juge a exprimé son scepticisme quant à la précision des calculs, mais a décidé de renvoyer la question de fait aux jurés. Cela signifie que la décision finale dépendra non seulement des arguments juridiques des parties, mais aussi de la manière dont les preuves seront perçues par les habitants du district.
« Les jurés comprendront que [l'expert de Musk] sort ces chiffres de nulle part. Est-ce que je les trouve convaincants ? Pas vraiment. »
— Yvonne Gonzalez Rogers, juge de la Cour de district des États‑Unis
Objet de la plainte
Elon Musk affirme qu'OpenAI et sa direction l'ont induit en erreur en abandonnant le modèle initial à but non lucratif après ses apports. Selon l'expert, les contributions initiales de Musk s'élevaient à environ 38 millions de dollars, et sa contribution immatérielle pourrait représenter 50–75% de la valeur de l'entité à but non lucratif, qui détient plus d'un quart du business commercial d'OpenAI ; ce dernier a récemment été évalué à environ 730 milliards de dollars.
Réponse d'OpenAI
La société qualifie la plainte de motivée par des raisons commerciales et d'être une composante de la pression exercée sur sa direction.
« La plainte a des motifs commerciaux et s'inscrit dans le cadre d'une campagne prolongée de pression sur la société. »
— Un porte‑parole d'OpenAI
Pourquoi c'est important
Cette affaire ne se limite pas à un conflit privé entre un fondateur et une entreprise. Elle remet en question les approches d'évaluation des apports des fondateurs, les méthodes de détermination de la valeur immatérielle et la pratique de transférer des évaluations financières très spécialisées dans le domaine des décisions des jurés. La décision aura des conséquences pour les investisseurs, l'écosystème des start‑ups et les approches réglementaires en matière d'IA — des secteurs cruciaux tant pour la résilience économique que pour la sécurité technologique de l'Ukraine.
Ce qui suit
Le procès doit débuter le 28 avril. Si les jurés jugent les arguments de Musk convaincants, cela pourrait amener le marché à reconsidérer la façon d'évaluer les apports « sous‑évalués » des fondateurs et influencer les normes de gouvernance d'entreprise dans le secteur de l'IA. À l'inverse, un rejet des prétentions de Musk renforcerait la position des entreprises dans la défense des modèles commerciaux transformationnels contre de telles poursuites.
En résumé
La juge a été dure à l'encontre de l'évaluation d'experts, mais a laissé l'affaire être jugée par un jury. Cela signifie que le sort de cette réclamation de plusieurs milliards sera décidé non seulement par la jurisprudence technique, mais aussi par la perception publique des arguments. Question au lecteur : ce processus changera‑t‑il les règles du jeu pour les start‑ups et les investisseurs dans les technologies critiques, dont dépend à la fois la résilience défensive et économique de l'Ukraine ?