Accroche
Reuters rapporte : en raison des sanctions et de la baisse de la demande, les compagnies pétrolières russes risquent de réduire fortement leur production dans les mois à venir. Ce n’est pas un problème économique abstrait : des recettes pétrolières moindres limitent directement le financement de la guerre contre l’Ukraine.
Ce qui s'est passé
D’après l’agence et des analystes, les exportations de pétrole russe diminuent et les stocks se remplissent. Une partie des ressources s’accumule à bord de navires — leur volume a augmenté ces derniers mois pour atteindre un record de plus de 150 millions de barils. Parallèlement, certains tankers ont ralenti la cadence, ce qui témoigne d’une baisse de la demande et de difficultés à écouler la production.
Les chiffres à connaître
Selon Kpler, les exportations maritimes sont passées de 3,8 millions de barils par jour en décembre 2025 à 3,4 millions b/j en janvier, et s’établissaient en février à environ 2,8 millions b/j. La capacité de stockage terrestre est estimée à environ 100 millions de barils, tandis que la production totale de la Russie est d’environ 9,3 millions de barils par jour. C’est ce déséquilibre qui fait craindre que le tampon terrestre ne s’épuise et que la pression sur les exportations s’accentue.
Ce que disent les experts
« La production pourrait diminuer d’environ 300 000 barils par jour entre mars et mai en raison de contraintes logistiques »,
— Jorge León, responsable de l’analyse géopolitique, Rystad Energy
Reuters et Kpler ajoutent que, bien qu’une partie de la demande se tourne vers l’Inde et des acheteurs privés chinois, leurs capacités sont limitées. Le 2 février, le président américain Donald Trump, après une conversation avec le Premier ministre indien N. Modi, a déclaré que l’Inde avait accepté de réduire ses achats officiels de pétrole russe — si cela se confirme, la pression à l’exportation augmentera encore.
Conséquences pour la Russie et pour l'Ukraine
En raison de la réduction des exportations et de l’augmentation des décotes sur le pétrole russe, les recettes pétrolières et gazières du Kremlin subissent déjà un sérieux revers : en janvier elles ont été divisées par deux par rapport à janvier 2025. Moins de recettes signifie moins de ressources pour mener la guerre et une moindre résilience de l’économie. Pour l’Ukraine, c’est une opportunité — la pression des sanctions et du marché commence à se traduire en pertes économiques réelles pour l’agresseur.
À surveiller
Courte liste d’indicateurs qui détermineront l’évolution de la situation : le rythme des exportations mensuelles (Kpler), les volumes stockés sur les tankers, la décote du pétrole russe, ainsi que l’activité des acheteurs privés en Chine et en Inde. Les décisions politiques des partenaires — du renforcement des contrôles à la coordination des sanctions — détermineront si cette tendance restera temporaire ou se transformera en une crise systémique du secteur énergétique russe.
Conclusion analytique
Les contraintes du marché réduisent déjà les flux d’argent vers le Kremlin. Pour l’Ukraine, il est important que ces effets ne restent pas de simples chiffres dans des rapports : il faut une coordination des partenaires, un renforcement du suivi et la volonté politique de transformer la pression en contraintes économiques durables — alors la baisse des revenus de l’agresseur pourrait devenir l’un des facteurs affaiblissant sa machine de guerre.