En bref — ce qui s'est passé
Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le ministre de la Défense du Royaume-Uni, John Healey, a déclaré dans une interview à Bloomberg que, en raison de pertes élevées, l'armée russe s'appuie de plus en plus sur des combattants et des mercenaires étrangers. Selon son estimation, environ 17 000 militaires nord-coréens participent aux combats aux côtés de la Russie.
Sources et contexte
Cette estimation de Healey intervient alors que des données de l'OTAN enregistrent un niveau élevé de pertes parmi les unités russes, en hausse pour le troisième mois consécutif. Le commandement ukrainien souligne également l'intensité des combats : le 30 décembre le général Serhii Syrskyi a constaté que le ratio des pertes reste important — cela témoigne de l'intensité des frappes contre l'ennemi, et non d'un « succès » à long terme.
Qui sont ces hommes et comment ils sont recrutés
Selon Healey, nombre de ces combattants sont recrutés par la tromperie ou sous la contrainte — notamment dans des pays d'Asie du Sud, d'Afrique et d'Amérique latine. La Russie recourt à des sociétés militaires privées, à des contrats et à la coercition pour combler ses trous dans les effectifs, ce qui indique un problème systémique des ressources de mobilisation du Kremlin.
« Ils sont souvent recrutés par tromperie et attirés sous la contrainte ; ils ne réalisent pas nécessairement qu'ils sont destinés à la 'chair à canon' russe sur la ligne de front en Ukraine. »
— John Healey, ministre de la Défense du Royaume-Uni
Conséquences pour le front et la sécurité
L'utilisation de mercenaires étrangers comporte plusieurs conséquences négatives pour l'opération russe elle‑même : baisse de la discipline de combat, hausse du risque de crimes de guerre, complication de la logistique et du renseignement. Pour l'Ukraine, ce n'est pas seulement une menace, c'est aussi une opportunité : imposer les conditions des opérations locales, renforcer les actions de contre‑renseignement et d'information contre les canaux de recrutement et d'approvisionnement.
Ce que doivent faire l'Ukraine et ses partenaires
Premièrement, continuer de se concentrer sur l'épuisement systémique des ressources de l'adversaire : frappes sur les lignes d'approvisionnement, mise au jour des schémas de recrutement et actions juridiques contre les sociétés militaires privées et leurs réseaux. Deuxièmement, renforcer l'échange de renseignements avec les partenaires afin de localiser et neutraliser les interventions des mercenaires. Enfin, documenter les violations — c'est une part importante de la pression stratégique sur le Kremlin dans de futurs processus internationaux.
Conclusion
L'évaluation du ministre Healey est un nouvel indicateur de la crise de personnel au sein du Kremlin. Cela ouvre des fenêtres opérationnelles pour l'Ukraine, mais transformer ce signal en un avantage durable ne sera possible qu'avec un travail systématique sur le front, à l'arrière et sur le plan diplomatique.