Le Parlement européen a désactivé les fonctions d'IA intégrées sur les appareils professionnels
Politico a rapporté, via un courriel interne adressé aux députés : le service informatique du Parlement européen a désactivé les fonctionnalités d'IA intégrées sur les tablettes et téléphones professionnels, en expliquant qu'il était impossible de garantir la sécurité des données de ces outils. Cela ne concerne pas la messagerie, le calendrier et les documents, mais touche les assistants d'écriture, de synthèse et d'autres services automatisés sur les appareils mobiles.
Ce qui a été fait
L'institution a désactivé les assistants intégrés et les outils de synthèse automatique sur les tablettes et téléphones des députés et de leurs collaborateurs. Le courrier propose également d'envisager des mesures similaires pour les appareils privés utilisés à des fins professionnelles. Les noms précis des fonctions et des systèmes d'exploitation n'ont pas été divulgués en raison de la « sensibilité » des questions de cybersécurité.
"Nous surveillons en permanence les cybermenaces et mettons en œuvre rapidement des mesures pour les prévenir"
— Service de presse du Parlement européen
Pourquoi c'est important
La décision n'est pas une manifestation de technophobie, mais répond aux réalités de la protection des données. Ces dernières années, l'UE a renforcé ses règles de sécurité : depuis les recommandations de supprimer TikTok en 2023 jusqu'aux appels en 2025 à se détourner de certains logiciels au profit d'alternatives européennes. En mars, le Parlement européen a adopté l'une des premières lois au monde sur la régulation de l'IA — et applique maintenant la logique de ces lois de manière opérationnelle quand la vulnérabilité des infrastructures est en jeu.
Ce que disent les experts
Les analystes en cybersécurité soulignent que les assistants IA intégrés peuvent envoyer des fragments de données professionnelles à des services externes pour traitement, ce qui crée des risques de fuite d'informations ou d'utilisation par des tiers. Ces risques sont particulièrement critiques pour les institutions législatives, où circulent stratégies, initiatives législatives et communications confidentielles.
Ce que cela signifie pour l'Ukraine
Le signal est double pour nous. D'une part, c'est un rappel : la sécurité numérique est une question de sécurité nationale. D'autre part, l'UE démontre une approche pragmatique — non seulement des déclarations sur la protection des données, mais des décisions opérationnelles concrètes. Les autorités ukrainiennes, le parlement et les partenaires devraient tenir compte de cette expérience pour élaborer leurs propres politiques d'utilisation de l'IA sur les appareils de service.
Courte liste de contrôle pratique
- Limiter l'accès des services d'IA à la messagerie professionnelle et aux documents. - Mettre en place une séparation entre appareils professionnels et privés. - Vérifier les fournisseurs et exiger des conditions transparentes de traitement des données. - Renforcer l'hygiène cybernétique parmi les fonctionnaires et les députés.
Conclusion
La décision du Parlement européen n'est pas de la posture, mais un geste pragmatique visant à minimiser les risques. C'est une partie d'une tendance plus large : les législateurs de l'UE passent des règles sur le papier à la sécurité opérationnelle dans le travail quotidien. Pour l'Ukraine, il est important non seulement de suivre ces signaux, mais aussi de les transformer en procédures de travail internes afin que la vulnérabilité numérique ne devienne pas un maillon faible de la sécurité et de la démocratie.