En bref
Selon Reuters, Reliance Industries ne s'attend pas à des livraisons de pétrole brut russe en janvier. La société, qui exploite la plus grande raffinerie du monde à Jamnagar, n'a pas reçu de cargaisons de pétrole russe au cours des trois dernières semaines. Cela indique une probable réduction des importations indiennes de matières premières à leur plus bas niveau depuis plusieurs années.
Pourquoi cela s'est produit
La décision résulte d'un mélange de facteurs commerciaux et politiques. Premièrement, des signaux font état d'un risque accru lié aux transactions et à la logistique en raison des sanctions, comme le note le cabinet d'analyses Kpler. Deuxièmement, la pression des États‑Unis a été un facteur important : les médias ont souligné les avertissements de Donald Trump concernant une possible hausse des droits d'importation sur l'Inde en raison de ses importants achats de pétrole russe. Enfin, certains acteurs réévaluent le rapport risque‑récompense — même en présence de rabais, les risques opérationnels et réputationnels augmentent.
Faits et chiffres
En décembre, les livraisons ont déjà chuté à environ 1,1–1,2 million de barils par jour, un minimum sur trois ans. À titre de comparaison : en juin, les volumes atteignaient près de 2 millions de barils par jour. Si Reliance ne reprend pas ses achats, les importations pourraient tomber en dessous de 1 million de barils par jour. Il reste néanmoins des acheteurs — Nayara Energy ainsi que les sociétés publiques Indian Oil Corp et Bharat Petroleum — mais leurs capacités pourraient ne pas suffire à compenser les volumes précédemment constatés.
"Le durcissement des sanctions des États‑Unis et de l'UE a ralenti le flux de pétrole russe vers l'Inde."
— Kpler, cabinet d'analyses
Conséquences pour les marchés et la politique
Une demande indienne plus faible signifie une pression sur les recettes russes provenant des exportations d'énergie — une source de financement extérieur pour Moscou. Pour l'Inde, il s'agit d'un compromis entre indépendance énergétique, prix et vulnérabilité géopolitique : une matière première moins chère profite aux raffineurs et aux consommateurs, mais les risques commerciaux et politiques augmentent. Pour les marchés mondiaux, c'est une incertitude indésirable : fournisseurs et traders chercheront de nouvelles routes et de nouveaux acheteurs, ce qui pourrait influer sur les prix et les chaînes d'approvisionnement.
Et ensuite ?
Si la tendance se maintient, l'Inde pourrait ressentir le besoin de diversifier ses approvisionnements ou de renforcer sa résilience énergétique intérieure ; la Russie cherchera des marchés alternatifs et offrira des remises supplémentaires. Pour l'Ukraine et ses partenaires, ce développement n'est pas une solution directe, mais il est stratégiquement important : la diminution des revenus de l'agresseur complique sa capacité à financer la guerre sur le long terme. La question reste ouverte : ces arrêts temporaires se transformeront-ils en un changement durable des flux commerciaux, et à quelle vitesse le marché s'adaptera‑t‑il aux nouvelles réalités ?