En bref
La compagnie gazière slovaque SPP négocie avec Gazprom l'augmentation des importations pour 2026–2027, rapporte Reuters en citant des sources. Parallèlement, l'entreprise a reçu environ 20 propositions de fournisseurs de GNL non russe après 2027.
Ce qui se passe
D'après des sources de Reuters, la Slovaquie cherche à se prémunir jusqu'à l'entrée en vigueur de l'interdiction progressive d'importation de gaz russe approuvée par le Conseil de l'UE (interdiction totale du GNL — à partir du début 2027 ; du gaz par pipeline — à l'automne 2027). En raison de l'arrêt du transit via l'Ukraine, les livraisons de gaz russe vers la Slovaquie en 2025 ont été réduites — à environ un tiers des besoins, alors qu'auparavant elles couvraient la majeure partie des importations (~3 milliards de m3 par an).
"La compagnie gazière slovaque SPP a entamé des négociations avec Gazprom pour augmenter les importations de gaz russe en 2026–2027"
— Reuters, sources de l'agence
Pourquoi cela importe pour l'Ukraine
La décision du pays voisin de rechercher des fournitures temporaires en provenance de la Russie a plusieurs conséquences pratiques. Premièrement, cela signale que certains marchés européens manquent encore de capacités alternatives de transit — la voie via la Turquie est limitée. Deuxièmement, toute augmentation des contrats avec la Russie crée des risques politiques pour l'unité européenne en matière de politique énergétique ; l'UE n'autorise que des « amendments nécessaires » aux accords existants, mais pas leur extension.
Le marché et la perspective à long terme
SPP examine parallèlement des routes d'approvisionnement en gaz naturel liquéfié non russe via la Pologne, l'Allemagne et l'Italie — et dispose déjà d'environ 20 offres. Cela indique que les fournisseurs de GNL sont prêts à s'implanter sur le marché d'Europe centrale après 2027.
"Selon le scénario de base, la part de la Russie dans le commerce mondial du gaz, qui représentait près de 25 % en 2021, pourrait tomber à environ 10 % d'ici 2035"
— Agence internationale de l'énergie (AIE)
L'AIE prévoit une réduction significative du rôle de la Russie sur le marché du gaz et une baisse correspondante des revenus d'exportation au cours de la prochaine décennie. Cela coïncide logiquement avec les investissements dans les infrastructures GNL en Europe et la diversification des approvisionnements.
Et ensuite — quels choix pour l'UE et l'Ukraine
Les accords à court terme de la Slovaquie avec Gazprom peuvent être une démarche tactique pour assurer les approvisionnements hivernaux pendant la période de transition. Mais la solution à long terme consiste à accroître les capacités d'importation de GNL non russe et à intégrer les marchés gaziers européens. Pour l'Ukraine, il est important que la diversification énergétique européenne s'opère rapidement : elle réduit la dépendance à la Russie et affaiblit son levier économique.
En résumé : la décision de SPP reflète les réalités de la sécurité énergétique : tant que les infrastructures et les contrats ne sont pas entièrement adaptés aux nouvelles règles, les pays font des pas pragmatiques. La question principale est de savoir si ces mesures temporaires se transformeront en restauration durable de la dépendance, ou si elles resteront une transition vers une plus grande diversification et résilience du système énergétique européen.
La balle est désormais dans le camp des décideurs politiques et des investisseurs : parviendront-ils à accélérer la construction des infrastructures et à renforcer la coordination transfrontalière pour couper définitivement les leviers économiques de la Russie dans le secteur de l'énergie ?