Ce qu'a établi l'enquête
La direction territoriale du BEB dans l'oblast de Kyiv a mis au jour un système organisé d'évasion fiscale reposant sur la vente au noir de bons de carburant pour l'essence et le diesel. Selon l'enquête, le groupe opérait à Dnipro depuis 2023 et avait organisé un centre de conversion par lequel transitaient des opérations non déclarées dans les déclarations fiscales.
Comment le système fonctionnait
Les mis en cause achetaient des bons auprès de grands producteurs et distributeurs, puis les revendaient en espèces. Pour couvrir leurs traces, ils utilisaient des documents fictifs au nom d'entreprises actives dans l'agriculture, la construction et le nettoyage — ce qui leur permettait de comptabiliser des dépenses inexistantes et de minorer leurs obligations en matière de TVA.
"Lors des perquisitions, des bons de carburant d'un volume de plus de 70 000 litres, près de 1,5 million de hryvnias en espèces en monnaies nationale et étrangères, ainsi que des documents financiers et commerciaux attestant de l'ampleur des opérations, ont été saisis."
— Service de presse de la Direction territoriale du BEB dans l'oblast de Kyiv
Conséquences pour le budget et la sécurité
Selon les premières estimations, le volume des opérations au noir a dépassé 218 millions de hryvnias, privant le budget de l'État de plus de 34,7 millions de hryvnias. Pour un pays en état de guerre, de telles pertes ne sont pas qu'un simple chiffre dans une déclaration : il s'agit de fonds qui auraient pu être affectés à des besoins critiques, notamment la logistique et l'approvisionnement en moyens de défense. Les analystes fiscaux et les forces de l'ordre soulignent que de tels systèmes renforcent l'économie souterraine et créent un terrain propice à d'autres risques criminels.
Ce qui doit changer
L'enquête et la saisie des biens sont le premier pas. Des solutions systémiques sont nécessaires ensuite : un contrôle plus strict des chaînes d'approvisionnement en carburant, la digitalisation des bons et des opérations, un renforcement de la coopération avec les banques et les acteurs du marché. Sans ces mesures, le risque de récidive restera élevé.
Postface. Le schéma découvert est un rappel que le contrôle des flux de ressources en temps de guerre ne doit pas être purement formel. La balle est maintenant dans le camp des institutions publiques et des entreprises : transformeront-elles les faits révélés en un système durable de lutte contre les flux illicites ?