Pourquoi cela mérite d'être lu
Au Forum économique mondial de Davos, la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a ouvertement lié deux thèmes : le soutien financier et les réformes. En temps de guerre, la décision du Fonds n'est pas seulement une question d'argent, mais aussi un signal de confiance de la part des partenaires. Pour le lecteur, cela signifie : la rapidité et la cohérence de la mise en œuvre des réformes détermineront à la fois le volume de l'aide internationale et le rythme de la reprise économique.
Ce qu'a dit Georgieva
"Le pays a déjà fait beaucoup pour les réformes. Mais les réformes ne sont pas encore terminées – et je veux être aussi franche que possible. Si le pays veut devenir un tigre européen – ou, mieux dit, un lion européen – il ne doit rester aucune réforme inachevée."
— Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international
Elle a nommé les axes clés : mettre fin aux subventions sur les prix de l'électricité et du chauffage, améliorer le système fiscal pour un partage de la charge fiscale plus équitable et supprimer les barrières au développement du secteur privé. Georgieva a aussi souligné le rôle de l'adhésion à l'UE comme « aimant » pour les investissements et comme marqueur de la qualité des réformes.
"J'ai visité une centrale électrique – et c'était stupéfiant... Ils ne se plaignent pas et ne se lamentent pas — et cela impressionne."
— Kristalina Georgieva, pendant son intervention à Davos
Contexte financier : les chiffres qui comptent
En novembre, l'Ukraine et le FMI ont conclu un accord préliminaire sur un nouveau programme quadriennal d'un montant de 8,2 milliards de dollars. Il remplacera le programme en cours de 15,5 milliards de dollars, dont environ 10,6 milliards de dollars ont déjà été versés. Le nouvel accord part de l'hypothèse de base que la guerre se terminera en 2026 ; le Fonds a également prévu un « scénario négatif » où les hostilités dureraient jusqu'en 2028.
Conséquences et risques
Les réformes préconisées par le FMI sont directement liées à l'argent. Si l'Ukraine respecte les conditions convenues — elle aura accès aux 8,2 milliards de dollars, ce qui renforcera la stabilité financière et réduira les risques de déficit. Mais ce n'est pas seulement un processus technique : la suppression des subventions énergétiques et les changements de politique fiscale seront politiquement et socialement douloureux. Le succès dépend d'une communication cohérente des autorités, de mécanismes de soutien pour les groupes vulnérables et du rythme des réformes.
Les partenaires internationaux observent attentivement la mise en œuvre : l'accord financier n'est pas seulement un versement, c'est aussi un marqueur de confiance qui ouvre la voie aux investissements et aux démarches d'intégration européenne.
Ce que cela signifie pour chaque Ukrainien
Cela signifie que certains verront, dans les années à venir, des changements sur leurs factures et dans les services, mais en contrepartie l'État gagnera en résilience fiscale et l'économie aura de meilleures chances de reprise et de croissance. Autrement dit : les mesures impopulaires d'aujourd'hui sont un investissement dans la reconstruction économique après la guerre et dans une voie accélérée vers l'UE.
Conclusion
Le message de Georgieva est un signal clair : l'argent du FMI est assorti de l'exigence d'achever les réformes. La question n'est plus de savoir s'il faut réformer, mais comment le faire rapidement, de manière techniquement solide et en tenant compte des risques sociaux. La balle est désormais dans le camp des autorités et de la société ukrainiennes : l'État trouvera-t-il un équilibre entre les transformations économiques nécessaires et le soutien aux populations en temps de guerre ?