En bref — pourquoi c'est important
Selon Reuters, le Pentagone prépare les forces armées américaines à la possibilité de mener des opérations prolongées contre l'Iran, qui pourraient durer des semaines si le président Donald Trump donnait l'ordre correspondant. L'agence a obtenu l'information de deux responsables américains anonymes. Une telle préparation augmente les enjeux dans les négociations entre Washington et Téhéran et rend le scénario potentiel beaucoup plus sérieux que les frappes ponctuelles précédentes.
Position des États-Unis : démonstration de force ou plan réel ?
La veille, les États-Unis ont dépêché dans la région un second groupe aéronaval d'attaque, l'USS Gerald R. Ford. C'est à la fois un signal et une préparation à des opérations d'une envergure supérieure aux frappes contre des installations nucléaires en 2025, lorsque les actions étaient essentiellement isolées. Des responsables cités par Reuters insistent sur le fait que la planification actuelle est plus complexe et pourrait inclure des frappes non seulement contre des sites nucléaires, mais aussi contre des infrastructures étatiques et de sécurité iraniennes.
«Il a été difficile de parvenir à un accord», a déclaré le président des États-Unis lors d'un discours devant les militaires ; selon lui, «toutes les options sont sur la table».
— Donald Trump, président des États-Unis (citation d'après Reuters)
Risques pour la région et conséquences mondiales
Les experts préviennent : des frappes contre un large éventail d'objectifs iraniens augmenteraient considérablement le risque de ripostes balistiques de l'Iran et d'une escalade dans toute la région. Reuters note également la réaction des marchés : les contrats à terme sur le pétrole ont réagi par une hausse dans un contexte d'incertitude.
«En cas de frappes sur le territoire iranien, le Corps des gardiens de la révolution islamique pourrait viser n'importe quelle base américaine».
— Déclaration du Corps des gardiens de la révolution islamique (d'après Reuters)
Pourquoi cela compte pour l'Ukraine
D'une part, l'attention diplomatique et les ressources des principaux partenaires peuvent être dispersées : le 17 février, des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran sont attendus à Genève — le même jour se tiennent les négociations des États-Unis avec l'Ukraine et la Russie. D'autre part, toute crise d'envergure au Moyen-Orient accroît la volatilité des marchés de l'énergie et peut compliquer la logistique des livraisons d'armements et des financements.
Une opinion distincte a été exprimée par le directeur adjoint du Centre d'études du Moyen-Orient, Danilov, dans une interview à LIGA.net : selon lui, un renforcement de la pression sur l'Iran pourrait, dans certains scénarios, jouer en faveur de l'Ukraine. C'est une position d'analyste qui doit être confrontée à d'autres évaluations : une escalade pourrait également détourner l'attention de l'industrie de défense et de la diplomatie des partenaires du front ukrainien.
Conclusion — quoi surveiller
Les signaux annonçant la préparation d'une campagne prolongée modifient l'équilibre des risques dans la région : il ne s'agit pas seulement d'une capacité militaire, mais aussi d'un instrument politique de pression dans les négociations. Pour l'Ukraine, la question clé est de savoir si ces démonstrations de force se traduiront par un changement concret des priorités des partenaires occidentaux, et comment cela affectera la sécurité et le soutien à notre État. Pour l'instant, il est important de distinguer les mesures confirmées (envoi du groupe aéronaval, déclarations officielles) des évaluations et des scénarios — et de suivre l'évolution des événements à Genève et la réaction de la région.
«Le président a toutes les options sur la table… la décision finale est prise en fonction de la sécurité nationale».
— Anna Kelly, adjointe de la porte-parole de la Maison-Blanche (citation d'après Reuters)