Ce qui s'est passé
L'agence Bloomberg a rapporté qu'au début du mois de janvier le président russe Vladimir Poutine a reçu un projet de plan de paix qui avait été approuvé par l'Ukraine et des partenaires européens. Le document, selon l'édition, a été transmis à Moscou de manière non officielle via Kirill Dmitriev — le directeur du Fonds russe d'investissement direct et le représentant de la Russie dans les pourparlers avec les États-Unis.
"Le Kremlin a considéré cette proposition comme un important 'pas en avant', bien qu'elle n'ait pas abouti à un accord définitif."
— Bloomberg, sources anonymes
Le rôle de Dmitriev et la logique du Kremlin
La transmission via Dmitriev offre à Moscou plusieurs avantages pratiques : du temps pour préparer des remarques, la possibilité de contrôler le récit à des fins de propagande et la chance de montrer formellement une disposition au dialogue sans engagements immédiats. D'après Bloomberg, cela vise aussi à préparer le terrain pour la visite de l'envoyé spécial américain Steve Witkoff et de Jared Kushner à Moscou.
Pourquoi le Kremlin a qualifié cela de « pas en avant » — et ce qui manque dans le document
Selon le média, le Kremlin a jugé positivement le simple fait que certains sujets aient été inclus et que l'on ait commencé à travailler sur eux. En même temps, le projet comportait de nombreux points soit totalement absents, soit formulés de manière que Moscou juge insatisfaisante. Cela signifie que le document constitue davantage une base de travail pour des négociations qu'un compromis final.
Contexte : Witkoff, Kushner et le calendrier
Bloomberg souligne que le projet devait être examiné avant la visite attendue de Witkoff et Kushner à Moscou — un pas qui pourrait influencer la structure du processus de négociation. Des interlocuteurs russes cités par l'édition estiment que la participation de Kushner a aidé à « structurer » les discussions, mais que le format et le contenu des accords finaux restent l'objet de marchandage.
Ce que cela signifie pour l'Ukraine
Le fait de transmettre le projet a deux conséquences importantes pour l'Ukraine : d'une part, il montre que les partenaires travaillent sur les cadres des négociations ; d'autre part, Moscou dispose de temps pour soit adapter sa position, soit utiliser le processus comme un outil de pression. Pour Kiev, l'enjeu clé est de transformer les documents de travail en garanties juridiquement contraignantes et de garder le contrôle des conditions de reconstruction.
Conclusion pratique : le document en lui‑même n'est pas un accord. La tâche des partenaires est désormais de convertir les ententes issues du « projet de travail » en mécanismes clairs et signés de garanties et de reconstruction qui protègent la sécurité et la souveraineté de l'Ukraine.
Ce qu'il faut surveiller
Il faut suivre attentivement deux éléments : si des amendements concrets émaneront de Moscou, et si les cadres de négociation se transformeront en garanties signées. La réponse à ces deux questions déterminera si ce « pas en avant » constitue un réel progrès ou une pause tactique pour le Kremlin.
La balle est désormais dans le camp des partenaires : les déclarations doivent se transformer en contrats signés — et c'est cela qui décidera si le document modifie effectivement l'équilibre de sécurité en faveur de l'Ukraine.