Johnson écarte un scénario militaire concernant le Groenland — ce que cela signifie pour l'OTAN et le principe d'intégrité territoriale

Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a jugé improbable une opération militaire contre le Groenland. Nous expliquons pourquoi ce débat est important pour l'alliance, pour l'Europe et pour les pays qui défendent leurs frontières.

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De quoi il s'agit

L'enregistrement d'un discours du président de la Chambre des représentants des États-Unis, Mike Johnson, publié par C‑SPAN, a de nouveau relancé le sujet des éventuels intérêts américains au Groenland. Johnson a souligné qu'il ne s'agit pas d'actions militaires, mais de diplomatie et de négociations — malgré l'intérêt stratégique connu des États-Unis pour l'île.

L'essentiel de la déclaration

"Je ne pense même pas que ce soit possible. Je ne pense pas que quelqu'un prenne cela au sérieux. Et au Congrès, nous ne [le] considérons certainement pas."

— Mike Johnson, président de la Chambre des représentants des États-Unis

Johnson a également rappelé que l'intérêt pour le Groenland a une longue histoire — depuis l'époque de Truman jusqu'aux déclarations concernant les minerais de terres rares et autres ressources. Dans le même temps, il a insisté sur des « discussions mesurées » et sur le rôle des canaux diplomatiques plutôt que sur un règlement par la force.

Contexte : pourquoi il ne s'agit pas d'une simple rhétorique

Le Groenland — d'importance stratégique : sa situation et ses ressources en font l'objet d'intérêt des grandes puissances. C'est pourquoi même des propos ironiques ou hypothétiques suscitent des réactions diplomatiques.

Auparavant, la porte‑parole de la Maison Blanche avait qualifié l'achat du Groenland de priorité et avait laissé entendre que l'une des options pourrait impliquer le recours à l'armée. De telles déclarations renforcent l'inquiétude des partenaires : le ministre français des Affaires étrangères et la Première ministre du Danemark ont indiqué que toute action militaire contre le Groenland aurait de graves conséquences pour l'OTAN, et que le Danemark considère le Groenland comme faisant partie de son territoire.

L'histoire justifie la vigilance : l'administration Trump a mené des opérations sans large accord des institutions parlementaires (on évoque l'exemple du Venezuela), de sorte que la parole d'un homme politique n'équivaut pas toujours à une orientation politique. C'est pourquoi ne comptent pas seulement les déclarations ponctuelles, mais aussi des mécanismes de contrôle systémiques et la diplomatie.

Qu'est‑ce que cela signifie pour l'Ukraine et pour l'Europe

Le principe de l'intégrité territoriale — élément clé de la sécurité en Europe. Les discussions sur la possibilité d'arracher des territoires par la force sapent la confiance dans les normes internationales, dont dépendent également les garanties de sécurité pour l'Ukraine. Pour nous, l'important n'est pas l'émotion, mais la pratique : comment les alliances réagissent à de tels signaux.

Ainsi, deux choses comptent : premièrement, l'unité des partenaires pour défendre les normes ; deuxièmement, l'usage d'instruments diplomatiques et économiques plutôt que de scénarios militaires. Johnson met l'accent sur la diplomatie — mais la vérification des paroles reste le comportement de l'État et de ses institutions.

Conclusion

La déclaration de Johnson réduit la probabilité d'un scénario militaire ouvert concernant le Groenland, mais n'annule pas l'importance de la question. Pour l'Europe et les pays qui défendent leur souveraineté, il ne suffit pas d'assurances : une politique à long terme et des mécanismes qui rendent peu probables les décisions par la force sont nécessaires. Suffira‑t‑il pour ancrer les normes du droit international ? C'est une question à suivre.

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