Von der Leyen sous le feu des critiques : comment cela menace l'unité de l'UE dans la crise avec l'Iran

Politico fait état d'un mécontentement dans les cabinets de l'UE à propos des initiatives de la présidente de la Commission européenne. Pourquoi c'est important pour l'Ukraine — nous analysons sans panique, en mettant l'accent sur les conséquences pour la politique étrangère européenne et le soutien à Kyiv.

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Урсула фон дер Ляєн (Фото: Valda Kalnina/EPA)

Dans la haute diplomatie, ce ne sont pas les déclarations tonitruantes qui comptent, mais les accords discrets

D'après Politico, plusieurs gouvernements et députés européens ont exprimé leur irritation face au fait que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, aurait, lors des premiers jours de la crise autour de l'Iran, dépassé ses prérogatives. Le média cite neuf diplomates, responsables et parlementaires anonymes qui voient dans ses actes un risque de confusion autour d'une position unique du bloc.

Ce qu'on lui reproche et pourquoi c'est important

Ses détracteurs affirment que von der Leyen a publiquement exprimé des positions qui auraient dû être coordonnées via l'institution chargée de la politique extérieure de l'UE — le rôle destiné à coordonner les 27 capitales et à formuler des déclarations communes. Selon des sources, elle aurait tenu au moins dix conversations téléphoniques avec des dirigeants de la région et aurait même évoqué un changement de régime à Téhéran — une formulation qui, selon une partie des représentants européens, dépasse le consensus.

Cela importe non pas comme une querelle personnelle, mais comme une question institutionnelle. Les divergences au sein de la direction de l'UE affaiblissent son message extérieur — et en période de crise, cela signifie un risque accru de divisions sur les questions de sanctions, d'appui militaire et de coordination diplomatique. Pour l'Ukraine, la cohérence de l'UE a une dimension pratique directe : du soutien politique à la fourniture d'armes et de financements.

Ce que disent les sources

"J'ai cru avoir des hallucinations. J'ai vu von der Leyen téléphoner aux chefs d'État du Golfe. Elle n'a pas de service diplomatique, elle s'exprime sans mandat ni briefing des services de renseignement. Ses mots n'ont aucune valeur, si ce n'est sa déclaration personnelle"

— Nathalie Loiseau, députée au Parlement européen, membre de la commission des affaires étrangères

Dans le même temps, la Commission européenne rejette les accusations : un porte-parole a souligné que la présidente exerce « un leadership politique dans la politique extérieure de la Commission » conformément aux traités de l'UE et que les contacts avec des dirigeants du monde entier font partie de ses fonctions.

"L'interaction avec d'autres dirigeants à travers le monde fait partie intégrante des fonctions de la présidente von der Leyen... cela vaut aussi pour des initiatives de l'UE comme Global Gateway"

— porte-parole de la Commission européenne

Contexte : la crise dans la région et les conséquences pratiques

Alors que le conflit au Moyen-Orient entre dans sa deuxième semaine, le bloc tente de s'exprimer d'une seule voix. LIGA.net et d'autres analystes ont déjà évoqué les conséquences possibles : si la communication entre les institutions est perçue comme désunie, les partenaires extérieurs recevront des signaux contradictoires. Il ne s'agit pas seulement de diplomatie médiatique — sont en jeu l'accès aux bases, la coordination des opérations de sécurité et les régimes de sanctions.

Précision supplémentaire : le 2 mars 2026, des avions américains ont quitté l'Espagne après la décision du gouvernement madrilène d'interdire l'utilisation des bases pour des frappes contre l'Iran, et le lendemain le président américain a annoncé la suspension des échanges commerciaux avec l'Espagne. Cette escalade montre à quelle vitesse une décision de politique étrangère d'un pays peut engendrer une série de conséquences pratiques pour l'ensemble de l'alliance.

Scénarios possibles pour l'UE et ce que cela signifie pour l'Ukraine

Analystes et diplomates évoquent plusieurs options : d'un apaisement diplomatique rapide et d'une répartition claire des rôles entre les institutions à une phase plus longue de désaccords publics qui affaiblirait la force de négociation de l'UE. Pour l'Ukraine, il est préférable que l'UE rétablisse rapidement son unité : c'est la garantie d'un soutien politique et matériel cohérent dans un contexte de défis multiples.

La question clé pour Bruxelles est désormais la suivante : les institutions sauront-elles transformer des déclarations cash en une politique cohérente et convenue — et cela suffira-t-il à empêcher la crise de nuire aux intérêts stratégiques de l'Europe et de ses partenaires, y compris l'Ukraine ?

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