L'Europe met fin au débat sur le Groenland : une déclaration conjointe protège la souveraineté et les règles du jeu

La déclaration commune des dirigeants de l'UE et de l'OTAN n'est pas de la rhétorique, mais un signal clair : la question du Groenland ne peut être tranchée que par son peuple et le Danemark. Pourquoi cela est important pour la sécurité de l'Arctique et pour les normes internationales — analyse.

40
Partager:

La réponse européenne : ce qui s'est passé et qui a signé

Les chefs d'État et de gouvernement de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, de la Pologne, de l'Espagne, du Royaume‑Uni et du Danemark ont publié une déclaration commune en soutien au Danemark après les déclarations du président des États‑Unis au sujet d'un éventuel intérêt pour le Groenland. Le document, notamment publié par le gouvernement allemand, souligne que le Groenland appartient au peuple groenlandais, et que les questions concernant l'île doivent être réglées uniquement entre le territoire autonome et le Danemark.

Ce que dit la déclaration

Les partenaires ont rappelé la nécessité d'une sécurité collective dans l'Arctique, en coordination avec les alliés de l'OTAN, y compris les États‑Unis, et l'importance du respect du droit international — en particulier des principes de souveraineté et d'intégrité territoriale.

« Ce sont des principes universels, et nous n'en cesserons pas la défense. Les États‑Unis sont un partenaire important dans cette démarche en tant qu'allié de l'OTAN et dans le cadre de l'accord de défense de 1951 entre le Royaume du Danemark et les États‑Unis. »

— Texte de la déclaration commune des dirigeants

Contexte et sources

Le signal venu de Bruxelles et des capitales européennes répond à une série de déclarations publiques qui ont attiré l'attention des médias internationaux. Des responsables américains anonymes ont indiqué à The Economist d'éventuelles négociations entre les États‑Unis et le Groenland — une information que l'Europe a choisi de dissiper par une position officielle et consolidée.

« Quand quelqu'un parle à plusieurs reprises du désir d'obtenir un autre territoire, il faut prendre cela au sérieux ; une attaque militaire des États‑Unis, en particulier, signerait la fin de l'OTAN. »

— Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark

Pourquoi cela compte

Premièrement, c'est la confirmation du principe de non‑ingérence dans les affaires intérieures et de souveraineté, qui fonde l'ordre international moderne depuis la Seconde Guerre mondiale. Deuxièmement, c'est un test de la capacité des alliés à agir de façon coordonnée : la déclaration commune montre que l'Europe est prête à combler les vides informationnels et diplomatiques qui pourraient être exploités pour saper les normes internationales.

Troisièmement, pour l'Ukraine, cet épisode rappelle l'importance des garanties collectives et que les principes d'intégrité territoriale ne sont pas une abstraction, mais un instrument pratique de protection de la souveraineté nationale.

Quelles suites

Les prochaines étapes consistent à suivre les contacts bilatéraux entre le Danemark, le Groenland et les États‑Unis, ainsi que la réaction de Bruxelles à toute initiative non officielle. La déclaration commune ne clôt pas complètement la question, mais elle contraint les acteurs à agir dans le cadre des règles établies — et c'est essentiel pour préserver la stabilité dans la région.

Les institutions internationales pourront‑elles continuer à respecter ces règles lorsque les intérêts des grandes puissances alimentent les tensions ? La réponse dépendra de la volonté des alliés à transformer les déclarations en mesures politiques et juridiques concrètes.

Actualités du monde