L'ISU a retiré son statut « neutre » à Kamila Valieva suite à la demande de l'Ukraine

Le système d'admission des Russes sous drapeau neutre a connu une défaillance là où il aurait dû être le plus fiable — et c'est précisément la pression de la fédération ukrainienne qui l'a révélé.

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Володимир Путін і Камила Валієва, Москва, 26 квітня 2022 року (Фото: EPA / MIKHAIL KLIMENTYEV / SPUTNIK)

L'Union internationale de patinage (ISU) a informé par écrit Kamila Valieva de la révocation de son statut de sportive neutre — un document qui permettait aux Russes de concourir aux tournois internationaux sans le drapeau ni l'hymne de la Fédération de Russie. C'est ce que rapporte Reuters en citant une source informée. L'ISU elle-même et l'entourage de la patineuse ne commentent pas cette décision.

Formellement, le « statut neutre » était censé être un filtre : un sportif ne l'obtient que s'il ne soutient pas publiquement la guerre et n'est pas lié à l'armée ou aux structures de sécurité de la Russie. En pratique, une patineuse s'est facilement glissée à travers ce système — celle qui s'entraîne à l'école de Tatiana Navka, l'épouse du porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov. C'est précisément cela qui a motivé la demande de la Fédération ukrainienne de patinage artistique, qui exigeait de l'ISU non pas une vérification formelle du questionnaire, mais une surveillance permanente.

Conséquences pratiques pour les fédérations

Cette décision montre le mécanisme que d'autres fédérations sportives ukrainiennes pourraient également utiliser : non pas un appel abstrait « ne laisser pas entrer les Russes », mais une demande juridique concrète avec des preuves d'affiliation du sportif — familiale, d'entraîneur, financière — à l'appareil d'État de la Fédération de Russie. L'ISU a réagi précisément à cet argument, et non à une position générale sur la guerre.

Cela crée un précédent pour vérifier les autres Russes « neutres » avant les compétitions — des sports de ski à l'escrime, où le CIO et les fédérations utilisent un système d'admissibilité similaire.

Le contexte que l'ISU ne pouvait pas ignorer

Valieva avait déjà un antécédent de dopage : une analyse du 25 décembre 2021 avait révélé la présence de trimétazidine, un médicament améliorant l'absorption d'oxygène par le cœur. Le Tribunal arbitral du sport lui avait alors permis de participer à l'Olympiade de 2022 uniquement en raison de son âge — le statut de « personne protégée » jusqu'à 16 ans. Aujourd'hui, elle en a 19, et cette protection juridique ne s'applique plus.

Le ministère des Affaires étrangères de l'Ukraine, après la décision de juillet du CIO d'annuler les restrictions pour les Russes, a appelé les pays hôtes des tournois à ne pas permettre la démonstration de symboles d'État de la Fédération de Russie sur leur territoire.

La question est de savoir si le cas de Valieva sera une exception ponctuelle sous la pression d'une plainte spécifique, ou si l'ISU mettra effectivement en place la surveillance permanente demandée par la fédération ukrainienne. Si ce n'est pas le cas, il faudra de nouveau « attraper » manuellement le prochain Russe ayant une biographie similaire, plainte après plainte.

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