Trouver une personne dans une gorge montagneuse sur un territoire ennemi — une tâche presque impossible. Mais l'officier des systèmes d'armes (WSO) du F-15E Strike Eagle, abattu au-dessus de l'Iran le vendredi 3 avril, y est resté plus d'une journée — et a survécu. Un rôle clé dans son sauvetage n'a pas été seulement l'opération spéciale, mais aussi le mensonge que la CIA a injecté dans les canaux d'information iraniens avant même que les forces américaines ne sachent où il se trouvait.
Comment cela a fonctionné
D'après Axios, qui cite trois responsables américains, la CIA a lancé une campagne de désinformation à l'intérieur de l'Iran : des agents ont diffusé l'information selon laquelle les forces américaines avaient déjà retrouvé l'officier et l'évacuaient par voie terrestre hors du pays. Pendant que les forces iraniennes réagissaient à ce faux, l'agence a mobilisé ses propres moyens techniques — et a établi la position exacte de l'officier.
«C'était une véritable recherche d'une aiguille dans une botte de foin — mais dans ce cas l'aiguille était l'âme courageuse d'un Américain dans une gorge montagneuse, invisible sans les capacités de la CIA.»
Un haut responsable de l'administration américaine, cité par Axios
Après que la CIA eut transmis des coordonnées précises au Pentagone et à la Maison-Blanche, Trump a ordonné le lancement de l'opération de sauvetage. Selon The War Zone, des forces d'opérations spéciales d'élite et l'aviation de plusieurs armes y ont été engagées.
Ce qui a précédé — et ce qui a mal tourné
Le F-15E Strike Eagle du 48e groupe de chasse de l'US Air Force a été abattu par les forces iraniennes — pour la première fois en plus de 20 ans un avion de combat américain a subi un tel tir au combat, a déclaré à l'AP le général de brigade à la retraite Houston Cantwell.
Le premier membre d'équipage — le pilote — a été sauvé quelques heures après l'abattage. Lors de cette première opération, les forces iraniennes ont touché un hélicoptère américain Black Hawk : d'après Axios, plusieurs membres d'équipage ont été blessés, mais l'appareil est resté en vol. Deux hélicoptères CSAR HH-60 Jolly Green II ont également été endommagés par des tirs ennemis.
Par ailleurs, le même jour, les Iraniens ont abattu un A-10 Thunderbolt — le pilote s'est éjecté et a été sauvé. D'après CBS News, depuis le début de la guerre contre l'Iran, commencée le 28 février, les États-Unis ont perdu au moins quatre chasseurs, bien que trois d'entre eux aient été victimes de tirs amis — des défenses antiaériennes kuwaitiennes.
Des détails que Trump n'a pas commentés
Le président a qualifié l'opération d'«une des missions de sauvetage les plus audacieuses de l'histoire des États-Unis» et a souligné qu'aucun Américain n'avait péri. Mais en coulisses le tableau est plus complexe : plusieurs blessés, deux hélicoptères endommagés et le fait que les forces iraniennes ont réussi à abattre un F-15E malgré les déclarations antérieures de Hegseth et de Trump selon lesquelles la défense aérienne iranienne était «détruite à 100 %» et que les États-Unis disposaient d'une supériorité aérienne «insurmontable».
- Le WSO — un officier de rang colonel, a confirmé Trump sur Truth Social ; il a été blessé, mais n'est pas en danger.
- La désinformation de la CIA a été mise en œuvre avant même la localisation de la cible — autrement dit, l'agence «gagnait du temps» sans disposer des coordonnées.
- Les négociations diplomatiques sont au point mort : deux sources proches des pourparlers indirects ont dit à Axios qu'il y avait peu de progrès.
Quelles suites
Samedi, Trump a lancé un ultimatum de 48 heures à Téhéran : ouvrir le détroit d'Ormuz ou subir «l'enfer». Les militaires iraniens ont officiellement rejeté la demande. Si Washington ne renforce pas l'ultimatum par des frappes concrètes sur des infrastructures — et pas seulement par de la rhétorique — cela constituera un nouvel exemple de la manière dont les lignes rouges dans cette guerre s'estompent immédiatement après leur proclamation.