La Transcarpatie devient moins chère : la région la plus sûre enregistre la plus forte baisse des prix des logements neufs

En mars 2026, le prix au mètre carré dans les logements neufs de Transcarpatie a chuté de 7,5 % — la plus forte baisse parmi toutes les régions. Paradoxe : c'est précisément ce marché, alimenté pendant trois ans par la migration liée à la guerre, qui a été le premier à se refroidir.

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Квартири у Львові залишаються одними з найдорожчих в Україні. Фото: сайт Львівської міськради

Mars 2026 n'a pas apporté le traditionnel regain printanier sur le marché du logement neuf. D'après les analyses du marketplace DIM.RIA, la plupart des oblasts affichent des évolutions divergentes — sans tendance nette à la hausse.

Mais un chiffre se détache : la région de Transcarpatie — moins 7,5 % sur le prix au mètre carré par rapport à février. La plus forte baisse du pays.

La région qui augmentait depuis trois ans — s'est retournée

Depuis le début de l'invasion à grande échelle, la Transcarpatie, aux côtés de la région de Lviv, est devenue l'une des principales destinations de la migration interne. Selon l'agent immobilier d'Oujhorod Roman Perehynets, « les principaux acheteurs de logements à Oujhorod sont des personnes venues d'autres régions, contraintes de chercher un logement ». C'est précisément cette demande des déplacés qui, entre 2022 et 2025, avait maintenu la région parmi les trois plus chères d'Ukraine sur le marché du neuf.

À présent, cette même demande semble s'épuiser ou se redistribuer. Comme l'a relevé l'analyse d'InVenture, déjà dans la seconde moitié de 2025 le marché montrait des signes de saturation : « la baisse de la demande après la saison estivale-septembre au pic a provoqué une petite correction à la baisse des prix ». La chute de mars pourrait être la continuation de ce processus.

Kirovohrad en hausse, Kyiv — en baisse

Le reste du marché paraît hétérogène. La région de Kirovohrad a enregistré la plus forte progression — +3,5 % sur le mois, se hissant à la deuxième position par prix moyen parmi les régions. La logique n'est pas évidente : la région n'est ni la plus sûre, ni la plus prisée des déplacés.

Kyiv — leader traditionnel — a aussi reculé : le prix moyen au mètre carré en mars s'établissait à $1 393/m², soit 2,3 % de moins qu'en février. Selon les quartiers, la dispersion reste colossale : Pecherskyi — $2 669/m², Desnianskyi — $888/m².

« Autrement dit, la baisse de la demande peut arrêter la hausse des prix, mais ne conduira certainement pas à leur baisse. »

Agent immobilier, Oujhorod — Еспресо Захід (février 2026)

Les statistiques de mars ont mis ce pronostic en doute — du moins pour le marché primaire.

Ce qui soutient encore le marché

  • En mars 2026, 84 % des bureaux de vente des nouveaux projets à l'échelle du pays continuent de fonctionner — un indicateur de stabilité de l'offre.
  • Le marché secondaire et la location continuent de se renchérir dans la plupart des régions — la demande ne s'en est pas allée, elle s'est déplacée.
  • Le programme єОселя reste un moteur clé des transactions pour les personnes déplacées internes (PDI) disposant de revenus officiels, mais ne peut compenser l'épuisement de la demande migratoire dans certaines régions.

Si le processus de négociation s'intensifie et qu'une partie des déplacés commence à envisager un retour chez eux, le marché transcarpatique — qui a le plus augmenté sous l'effet de la migration forcée — sera le premier à subir la plus forte pression. La question est de savoir si la baisse de mars est une correction technique après un marché surchauffé ou le début d'un retournement structurel : la réponse sera plus claire si la tendance se maintient en avril–mai.

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