Les décisions discrètes pèsent plus que les déclarations tonitruantes
La Première ministre lituanienne Inga Ruginene a déclaré ouvertement que les propos de Leonid Volkov à l'égard des responsables ukrainiens étaient inacceptables et qu'une telle personne ne devrait pas rester dans le pays. Cette position est citée par le diffuseur national LRT. Les propos de la cheffe du gouvernement ont déclenché une procédure officielle : le Département de la sécurité d'État (BNS) mène une enquête, le Département de la migration attend ses conclusions avant de prendre une décision.
Position de la Première ministre
«À mon avis personnel, de tels propos sont inacceptables et une telle personne ne devrait pas rester en Lituanie»
— Inga Ruginene, Première ministre de Lituanie
Ce qui a été publié
Un enregistrement (et une capture d'écran) est apparu en ligne où, selon les publications, Volkov se réjouirait d'un éventuel assassinat du commandant du Corps de volontaires russes Denis Kapustin et critiquerait des responsables ukrainiens, notamment l'ancien chef du HUR, Kyrylo Budanov. Le simple fait de la publication de tels matériaux dans un pays qui accueille de nombreux réfugiés politiques a provoqué un retentissement public et la réaction des autorités.
Contexte juridique
Selon la législation lituanienne, un titre de séjour temporaire peut être annulé si le séjour d'un étranger constitue une menace pour la sécurité nationale, l'ordre public ou la santé des personnes. Le 6 janvier 2026, le Département de la migration a indiqué qu'il pourrait envisager de retirer le permis de séjour de Volkov — toutefois la décision finale dépendra de l'avis du BNS.
Pourquoi cela importe pour l'Ukraine
D'une part, les appels publics ou la réjouissance à propos d'actes de violence visant des figures liées à la guerre sapent la légitimité de ceux qui s'opposent au régime en Russie et créent des risques informationnels pour les partenaires de l'Ukraine. D'autre part, lorsque des personnes en exil attaquent ouvertement des responsables ukrainiens, cela offre des motifs pour des récits de désinformation et peut compliquer la coordination du soutien international.
Contexte international et conclusion
Les actions du gouvernement lituanien sont un exemple de la manière dont les alliés réagissent non seulement aux grandes initiatives géopolitiques, mais aussi au comportement de ceux qui se trouvent sous leur juridiction. Des analystes et des diplomates attirent l'attention sur le fait que de tels précédents établissent une norme : l'asile n'est pas automatique et s'accompagne de responsabilités quant aux propos publics.
La balle est désormais dans le camp des services de sécurité lituaniens : le BNS confirmera-t-il la menace pour la sécurité nationale, et les déclarations se traduiront-elles par des restrictions formelles ? Pour l'Ukraine, il est important que les partenaires maintiennent la cohérence entre la rhétorique et la pratique — car de cela dépendent à la fois la sécurité et le capital réputationnel dans le soutien international.