En bref
L'entretien de Donald Trump oblige à revoir le paradigme habituel : ce ne sont pas seulement la diplomatie et les déclarations qui déterminent l'architecture de sécurité, mais aussi la volonté de contrôler des territoires clés. C'est une nouvelle délicate pour l'Europe — et un signal direct pour l'Ukraine, car il s'agit d'une réévaluation des garanties et des priorités géostratégiques des États-Unis.
Ce qu'a dit Trump
"Parce que, à mon avis, c'est psychologiquement nécessaire pour réussir. Je pense que la possession vous donne ce que vous ne pouvez pas obtenir lorsque c'est une location ou un contrat."
— Donald Trump, président des États-Unis (entretien dans The New York Times)
Pourquoi le Groenland est important
Selon The Economist et des sources ouvertes, le statut du Groenland est important pour plusieurs raisons : sa position stratégique dans l'Arctique (contrôle des routes par les hautes latitudes), la présence d'infrastructures militaires (notamment la base américaine de Thulé), ainsi que le potentiel en ressources naturelles et de nouvelles voies de navigation. Le contrôle de ce territoire confère non seulement une présence physique, mais aussi une influence politique dans la région.
La position de l'Occident et les négociations concrètes
The New York Times a relevé que Trump a ouvertement évoqué un choix entre le contrôle du Groenland et le maintien des rôles traditionnels d'allié des États-Unis au sein de l'OTAN. En revanche, Politico et d'autres médias ont rapporté des scénarios dans lesquels l'administration américaine pourrait offrir à l'Europe certaines garanties ou compromis en échange d'une extension de la présence américaine dans l'Arctique. Ce n'est pas que de la rhétorique : selon The Economist, Bruxelles et Copenhague discutent déjà de mécanismes pour contrer des initiatives non désirées.
Ce que cela signifie pour l'Ukraine
D'abord, c'est un test de la fiabilité des garanties : si les intérêts territoriaux des États-Unis s'avèrent supérieurs aux engagements collectifs, l'UE et l'Ukraine devront chercher des formes supplémentaires de sécurité et diversifier leurs partenaires. Ensuite, des « échanges » politiques possibles — lorsque la présence américaine dans une région est accompagnée de garanties dans une autre — peuvent devenir un instrument de négociation. Pour l'Ukraine, il est important que toute garantie ait des dimensions juridiques et politiques claires, et ne reste pas de simples promesses orales.
Perspectives
Le milieu expert souligne que cette rhétorique pousse les capitales européennes à coordonner plus rapidement leurs politiques de sécurité arctique et générale. Si les États-Unis soulèvent effectivement la question du contrôle territorial, les partenaires ont deux options — soit négocier des cadres de coopération transparents, soit renforcer leurs propres capacités. Pour l'Ukraine, la conclusion principale est simple : il faut insister pour des garanties transparentes et signées et pour l'intégration de la coopération en matière de défense dans des mécanismes institutionnels plus larges.
En résumé
Aucune décision n'a encore été prise, mais le signal venu de Washington a obligé à réévaluer l'équilibre des intérêts. La transformation des déclarations en accords géopolitiques dépendra de la rapidité avec laquelle l'Europe et ses partenaires pourront proposer des formats de coopération alternatifs, clairs et mutuellement avantageux.