Ce qui s'est passé
Dans la matinée du 7 février, trois incidents distincts ont été signalés en plusieurs points du nord de l'Italie, perturbant la circulation ferroviaire le premier jour complet des Jeux olympiques d'hiver. C'est ce que rapporte Reuters, citant le ministère des Transports italien et la police locale.
En raison de dommages à l'infrastructure — l'incendie d'une armoire de commutation dans la région de Pesaro, des câbles électriques sectionnés près de Bologne et la découverte d'un engin explosif rudimentaire — les trains à grande vitesse, interurbains et régionaux ont accusé des retards allant jusqu'à deux heures et demie. La compagnie ferroviaire nationale Ferrovie dello Stato a temporairement fermé la gare à grande vitesse de Bologne ; dès midi la circulation a commencé à revenir à la normale.
"C'est un acte de sabotage grave"
— Le ministère des Transports italien (communiqué)
Contexte : des cyberattaques aux manifestations
Les incidents interviennent sur fond d'autres événements : le 4 février, le ministre italien des Affaires étrangères a annoncé avoir repoussé des cyberattaques prétendument orchestrées par la Russie, visant des ambassades et des sites des Jeux olympiques. La veille, des manifestations massives ont eu lieu à Milan — une partie des rassemblements nocturnes a dégénéré en affrontements et recours à des artifices pyrotechniques, ce qui a également renforcé l'atmosphère de tension dans les villes hôtes.
"Personne n'a revendiqué ces incidents, qui semblent avoir été coordonnés"
— La porte-parole de la police italienne
Motivations et hypothèses
Les autorités examinent pour l'heure ces incidents comme des actes de sabotage. Des analystes en sécurité soulignent que les attaques contre des infrastructures de transport peuvent répondre à des motivations diverses — des actions de protestation et de déstabilisation jusqu'à des éléments de guerre hybride, lorsque la perturbation de la logistique est utilisée pour faire pression sur la société et les institutions de l'État.
Parallèle avec la France — en 2024, le jour d'ouverture des Jeux olympiques d'été à Paris, des attaques ont également visé des lignes à grande vitesse TGV. Ces répétitions montrent que les grands événements créent un terrain attractif pour des acteurs cherchant à maximiser la résonance.
Conséquences pour les transports et la sécurité
Pour les voyageurs, la conséquence fut évidente — retards et fermetures temporaires de gares. Pour les services de l'État, il s'agit d'un test de coordination de la réponse, d'échange d'informations et de préparation à la protection des infrastructures critiques. À court terme, des vérifications supplémentaires des installations ferroviaires et un renforcement de la sécurité des nœuds clés sont nécessaires.
Pour l'Ukraine, la situation a une double signification : d'une part, c'est un rappel de la vulnérabilité des infrastructures lors de grands événements publics ; d'autre part, la façon dont l'Europe réagira aux nouveaux risques hybrides peut devenir un indicateur du soutien et de la disponibilité des partenaires à assurer la protection collective des systèmes critiques.
Conclusion
L'enquête se poursuit : il est important de ne pas tirer de conclusions hâtives, tout en ne sous-estimant pas les signaux. L'Europe devra renforcer la protection des réseaux logistiques et améliorer le partage de renseignements entre les services afin de minimiser le risque de récidive. Pour l'Ukraine, c'est un nouvel argument pour affiner ses propres mécanismes de protection des infrastructures et se coordonner avec les partenaires européens.
La question relève désormais de l'enquête et de la prévention : la coordination au niveau des États et des opérateurs ferroviaires pourra-t-elle rapidement colmater les points vulnérables — et, au lieu de signaux de panique, obtiendrons-nous des réponses claires et pratiques ?