«Ennemis de l'Italie» : Meloni sur les manifestations pendant les Jeux Olympiques — risques pour la sécurité et un coup porté à l'image

La Première ministre a vivement critiqué les participants aux manifestations à Milan. Nous analysons pourquoi ses propos sont importants pour la sécurité des Jeux, la perception internationale et même pour la délégation ukrainienne — 46 athlètes, le plus grand nombre depuis 2010.

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Ce qui s’est passé

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a qualifié sur Facebook les participants aux manifestations anti‑olympiques d’«ennemis de l’Italie et des Italiens» et exprimé «sa solidarité avec la police, la ville de Milan et ceux dont les efforts sont sapés» par ces actions. Lors de plusieurs épisodes de manifestations — notamment le 7 février — un groupe d’environ 100 personnes a lancé des pétards, des fumigènes et des bouteilles sur les forces de l’ordre ; la police a utilisé des canons à eau. On signale également des cas de coupure de câbles ferroviaires, qui ont perturbé la circulation des trains.

Pourquoi c’est important

Les grands événements comportent toujours plusieurs niveaux de risques. D’une part, la sécurité — composante directe du succès des Jeux olympiques : du bon déroulement du travail des bénévoles à la protection des infrastructures. D’autre part, il s’agit d’une question d’image du pays : les retransmissions internationales montrent à la fois les aspects positifs et les affrontements, et la rhétorique virulente des dirigeants modifie la perception des événements à l’étranger. Enfin, il y a une dimension géopolitique : le ministère italien des Affaires étrangères a signalé des cyberattaques repoussées qui, selon lui, étaient orchestrées par la Russie — cela témoigne d’une combinaison d’actions de rue et de menaces hybrides.

Faits et sources

Points clés à retenir :

• Meloni a publié un message sur Facebook, critiquant vivement les manifestants et appelant à soutenir les forces de l’ordre.

• Le 7 février à Milan, des affrontements ont eu lieu : environ 100 manifestants ont lancé des engins explosifs et des bouteilles ; la police a fait usage de canons à eau.

• Le 4 février, le ministère italien des Affaires étrangères a annoncé avoir repoussé des cyberattaques visant des ambassades et des sites liés aux Jeux olympiques, attaques que le ministère attribue à la Russie.

• Le 6 février a eu lieu la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver 2026 ; la délégation ukrainienne est composée de 46 athlètes — le plus large contingent depuis 2010.

"Et ils sont là : des ennemis de l'Italie et des Italiens, qui organisent des manifestations contre les Jeux olympiques, diffusant ces images à la télévision dans le monde entier"

— Giorgia Meloni, Première ministre de l'Italie

Analyse : ce que cela peut signifier ensuite

La rhétorique de Meloni envoie un signal à deux publics. Pour les forces de l’ordre, c’est un mandat en faveur d’une réponse plus ferme aux excès ; pour les opposants politiques et la société civile, c’est un rappel que la question de l’ordre public et de la liberté de manifester restera une source de tensions. L’équilibre est ici crucial : des répressions excessives réduiront à court terme les risques pour les Jeux, mais renforceront la polarisation politique et alimenteront les récits sur une «répression» des manifestations.

Par ailleurs, le communiqué du ministère des Affaires étrangères sur les cyberattaques apporte un contexte supplémentaire et indique que ces actions pourraient s’inscrire dans une pression hybride plus large. Les analystes soulignent que les grands événements internationaux attirent à la fois des formes locales de protestation et des ingérences externes.

Ce que cela signifie pour l’Ukraine

Pour la délégation ukrainienne et les supporters, l’enjeu n’est pas seulement la sécurité physique mais aussi la visibilité médiatique. Avec 46 athlètes — la plus large représentation depuis 2010 — c’est une occasion de montrer la force et la normalité de notre État en Europe. Tout incident ou rhétorique incendiaire peut distraire des performances et influencer le discours public.

Conclusion

Meloni a choisi un registre clair : affirmer la priorité de la sécurité et de l’ordre. Cela dénoue simultanément un nœud politique et sécuritaire — mais ne résout pas la question de la préservation du droit de manifester pacifiquement sans compromettre de grands événements internationaux. Tant que l’attention reste focalisée sur les affrontements, la tâche principale pour le comité d’organisation et les partenaires européens est de transformer les déclarations en mesures concrètes de sécurité et de dialogue, afin que le sport demeure à l’écart d’une escalade politique.

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