Zelensky : le dialogue avec Poutine ne doit pas diviser l'Europe — les États-Unis doivent être présents à la table

La proposition de Macron de reprendre des négociations directes avec le Kremlin place l'UE devant un choix : une stratégie concertée ou le risque de concessions isolées. Le président insiste sur la coordination et la participation des États-Unis.

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Володимир Зеленський та Емманюель Макрон (Фото: Yoan Valat/EPA)

Dans la haute diplomatie, l'important n'est pas les déclarations retentissantes, mais la coordination

Lors d'un point de presse à Munich, Volodymyr Zelensky a appelé l'Europe à se déterminer sur le format du dialogue avec la Russie : la reprise des contacts, que propose le président français, ne doit pas devenir un instrument de division du continent. Ce message mérite attention — car il ne s'agit pas seulement de la réputation des dirigeants, mais des garanties qui resteront à l'Ukraine en cas de nouvelles négociations.

Ce qu'a dit exactement le président

"Je pense que Poutine jouera avec l'un, avec l'autre, puis avec le troisième, le quatrième, pour diviser l'Europe et donner à chacun une sorte de friandise, simplement pour leur donner le sentiment qu'ils ont un rôle décisif"

— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

"Il m'en a parlé. Il a dialogué avec d'autres dirigeants. Je ne suis pas sûr de pouvoir vous dire avec qui exactement il a parlé. Emmanuel a discuté très franchement avec moi, de ce dont ils avaient parlé, des résultats"

— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

Chronologie des étapes clés

19 décembre 2025 — Emmanuel Macron a déclaré que les Européens devront trouver un moyen de rétablir le dialogue avec la Russie et qu'il est utile de reparler à Poutine.

21 décembre 2025 — Zelensky a confirmé que Macron avait discuté avec lui de la possibilité d'un dialogue direct au cas où les États‑Unis ne pourraient pas contenir les occupants ; le président a souligné qu'il lutterait pour la participation de l'Amérique au processus de paix.

4 février 2026 — des informations ont fait état d'une visite d'un diplomate français en Russie pour des pourparlers avec des responsables russes.

Pourquoi c'est important — brève analyse

La Russie applique systématiquement la tactique des "accords privés" et des offres bilatérales pour arracher des pays au front unique des sanctions et du soutien à l'Ukraine. Si les négociations sont menées individuellement, il y a un risque que, sous la pression d'intérêts économiques ou énergétiques, certaines capitales fassent des concessions qui réduiraient la capacité de l'Ukraine à rétablir son intégrité territoriale.

La participation des États‑Unis au format des négociations joue comme une ancre : elle augmente le coût stratégique et politique de tout recul par rapport aux principes qui protègent l'Ukraine. Des experts et analystes de l'UE soulignent que sans une coordination claire entre l'UE, les États‑Unis et l'Ukraine, la marge de manœuvre pour les "manœuvres" russes augmente considérablement.

Conséquences pour l'Ukraine et l'Europe

Si l'UE décide d'agir de manière concertée et d'exiger la participation des États‑Unis au processus, cela augmentera les chances d'établir un dialogue conditionnel et contrôlé, où les questions clés — sanctions, sécurité et garanties — seront débattues collégialement. En revanche, si les pays prennent des chemins différents, la Russie aura la possibilité de négocier séparément, ce qui affaiblirait la position de l'Ukraine et réduirait la pression sur le Kremlin.

Conclusion

Zelensky pose une question simple : l'Europe est-elle prête à coordonner ses pas pour que le dialogue avec le Kremlin ne devienne pas un instrument de division ? De la réponse dépend non seulement la logistique diplomatique, mais aussi les garanties de sécurité réelles pour l'Ukraine. La question revient désormais aux dirigeants : les déclarations se transformeront-elles en une stratégie concertée ?

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