Genève, 17–18 février : Medinsky dirige la délégation russe — qu'est‑ce que cela signifie pour Kyiv

Les pourparlers tripartites Ukraine–États-Unis–Russie sont prévus les 17 et 18 février à Genève. La composition des délégations et le changement du chef de la délégation russe envoient des signaux importants sur le format du dialogue et les risques pour la position ukrainienne.

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Володимир Путін і Володимир Мединський (Фото: EPA)

Selon les données officielles

Un cycle de pourparlers trilatéraux entre l'Ukraine, les États‑Unis et la Russie est prévu les 17–18 février à Genève. L'a confirmé le conseiller du président chargé de la communication Дмитро Литвин, en précisant que les détails seront fournis par le chef de la délégation ukrainienne — le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense Рустем Умєров.

«À ce jour, la délégation ukrainienne se prépare [à la prochaine réunion]»

— Дмитро Литвин, conseiller du président de l'Ukraine chargé de la communication

Qui représentera la Russie

Le porte‑parole du Kremlin Дмитро Пєсков a annoncé que la délégation russe sera dirigée par l'assistant du président de la Fédération de Russie Володимир Мединський. Мединський a déjà représenté la Russie lors des rounds d'Istanbul en 2022 et 2025 — sa nomination traduit désormais une tendance à déléguer des personnalités politiques plutôt que des responsables strictement militaires.

«La délégation russe sera dirigée par l'assistant du président Володимир Мединський»

— Дмитро Пєсков, porte‑parole du président de la Fédération de Russie

Contexte : signal ou changement tactique ?

Lors des précédentes rencontres trilatérales en 2026, la Russie était dirigée par l'amiral Ігор Костюков — chef de la Direction principale de l'état‑major général. Le passage d'un représentant du renseignement militaire à un conseiller politique peut signifier deux scénarios de base : une tentative de modifier le ton des négociations et/ou l'utilisation de la plateforme pour des manœuvres informationnelles ou politiques.

Les analystes attirent l'attention : dans les cas impliquant Мединський, des déclarations antérieures ont frôlé des narratifs à connotation historique et identitaire, ce qui crée des risques supplémentaires pour un dialogue constructif du côté ukrainien.

Ce qui est important pour l'Ukraine

Les questions clés pour Kyiv sont : comment préserver un espace de négociation pour des garanties réelles de sécurité et politiques, éviter les pièges informationnels et ne pas perdre l'élan du soutien international. Concrètement, cela implique : une coordination claire avec les partenaires, la préparation de propositions techniques et la capacité à écarter les manipulations politiques.

Risques et scénarios possibles

1) Rallongement et spectacle : la Russie peut utiliser la présence d'un représentant politique pour des déclarations informationnelles sans propositions concrètes. 2) Tentative de normalisation : le format politique offre une chance d'aborder des sujets auparavant inabordables — mais seulement si les parties respectent la procédure et contrôlent l'ordre du jour. 3) Combinaison : une partie des négociations peut être consacrée à des questions techniques, l'autre à des déclarations destinées à l'audience intérieure en Russie.

Conclusion

La nomination de Мединський est un signe que Moscou change ses instruments d'influence, mais pas nécessairement ses intentions. Pour l'Ukraine, il est important de faire de ce round des résultats concrets, et non un spectacle : il faut que les déclarations se traduisent par des mécanismes clairs de sécurité et des garanties. La balle est désormais dans le camp de la délégation de négociation dirigée par Умєрова et des partenaires occidentaux — pourront‑ils maintenir le focus sur des intérêts de sécurité réels et éviter les pièges informationnels ?

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