Ce qui s'est passé
Le Comité International Olympique a autorisé le skelétiste ukrainien et porte‑drapeau Vladyslav Heraskevych à rendre hommage aux athlètes tombés lors des XXVe Jeux olympiques d'hiver de Milan–Cortina, mais a interdit l'utilisation du soi‑disant «casque commémoratif». L'information a été rapportée par l'agence UNN, citant le Comité national olympique d'Ukraine.
Pourquoi le casque a été interdit
Le CIO a souligné que l'équipement des athlètes doit rester neutre et ne doit contenir aucun message politique ou autre — une position inscrite dans la Charte olympique. Concrètement, cela signifie la restriction de certains symboles ou messages lors des compétitions officielles.
"L'équipement des athlètes doit rester neutre et ne doit contenir aucun message politique ou autre"
— Comité International Olympique
Alternative et réaction de l'Ukraine
On a proposé à Heraskevych des formes moins contrastées d'hommage — par exemple un brassard noir ou un ruban sans inscription. Aux Jeux, des lieux spécialement dédiés au deuil et des salles de prière ont également été aménagés pour les participants.
"De telles actions sont cruciales pour porter la vérité devant un public mondial"
— Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine
Le Comité national olympique d'Ukraine a demandé au CIO d'autoriser Vladyslav Heraskevych à participer aux Jeux — des négociations sur la forme de l'hommage sont parallèlement en cours.
Contexte : lutte informationnelle et doubles standards
Cette décision du CIO doit être lue non seulement comme l'application des règles relatives à l'équipement, mais aussi à travers le prisme de la lutte informationnelle. Le Centre de lutte contre la désinformation a signalé une nouvelle vague de faux contre les Ukrainiens à l'occasion des Jeux : «les propagandistes russes ont diffusé un faux sujet télévisé, déguisé en reportage de la chaîne canadienne CBC, affirmant un "comportement inapproprié" des athlètes ukrainiens», indique le Centre.
"Les propagandistes russes ont diffusé un faux sujet télévisé, déguisé en reportage de la chaîne canadienne CBC"
— Centre de lutte contre la désinformation
Parallèlement, l'attention s'est portée sur le cas du snowboardeur italien Roland Fischnaller, qui a concouru avec un casque aux couleurs du tricolore russe ; le CIO n'a pas pris de mesures disciplinaires à son encontre. Une telle incohérence alimente le récit des doubles standards et renforce les risques informationnels pour l'Ukraine.
Et maintenant, pourquoi c'est important
L'aspect technique de la question est gouverné par l'institution — le CIO et ses règles. L'aspect politique tient à la façon dont le monde perçoit notre message au moment où l'attention du public mondial est concentrée sur les Jeux. Pour l'Ukraine, il est important non seulement d'insister sur la symbolique, mais aussi d'exploiter les canaux disponibles : appels officiels, médias internationaux, délégations partenaires, ainsi que des plateformes hors arène (entretiens, conférences de presse, événements commémoratifs), où le message ne contreviendra pas aux normes du CIO tout en laissant une empreinte claire dans l'opinion mondiale.
Conclusion
La décision du CIO ne porte pas seulement sur un casque. Elle illustre la manière dont les règles des organisations internationales croisent la guerre de l'information et la diplomatie. La prochaine étape sera de voir si les recours du Comité national olympique aboutiront à des concessions, ou si l'Ukraine renforcera sa présence médiatique par d'autres moyens. Dans tous les cas, il est important d'agir avec mesure : préserver le message moral tout en ne sacrifiant pas ses arguments au sein des institutions internationales.