Le gouvernement polonais a approuvé un projet de loi qui interdit aux élèves de l'enseignement primaire et secondaire — les enfants âgés de 7 à 15 ans — d'utiliser des smartphones et des montres intelligentes pendant toute la journée scolaire, y compris les pauses et les activités parascolaires. Selon le Premier ministre Donald Tusk, la loi entrera en vigueur le 1er septembre 2025 — mais uniquement si le parlement et le président Karol Nawrocki l'approuvent.
Ce qui est exactement interdit — et qui bénéficie d'une exception
Les élèves pourront apporter des appareils à l'école, mais seront tenus de les laisser dans des lieux de stockage spécialement aménagés. L'interdiction ne s'applique pas aux enseignants et au personnel, ni aux enfants atteints de maladies, d'handicaps ou ayant des besoins particuliers — par exemple, ceux qui contrôlent leur taux de sucre dans le sang. En cas d'urgence, les élèves pourront demander la permission d'utiliser un téléphone.
« Ce n'est pas une solution parfaite, nous n'avons pas d'illusions. Mais nous devons résoudre un problème grave — la dépendance aux téléphones et à Internet ».
Donald Tusk, Premier ministre de Pologne
Les Pays-Bas ont déjà testé ce modèle
La Pologne n'agit pas à l'aveuglette. Les Pays-Bas ont introduit une interdiction similaire dans les écoles à partir du 1er janvier 2024 — et ont déjà obtenu les données d'une enquête gouvernementale. 75 % des écoles secondaires ont constaté une amélioration de la concentration des élèves, près des deux tiers ont signalé un climat social plus positif, et environ un tiers ont rapporté de meilleurs résultats scolaires. Les chercheurs ont également noté une réduction du cyberharcèlement après le retrait des appareils pendant la journée scolaire.
Des mesures analogues ont déjà été mises en œuvre en Italie (2024, avec extension aux lycéens en 2025), en Corée du Sud (à partir de mars 2025) et en France. Les entreprises technologiques s'opposent à ces mesures : selon elles, le problème ne vient pas des appareils, mais de la façon dont ils sont utilisés — et le contrôle parental est un outil suffisant.
Un deuxième volet : l'âge pour les sites pornographiques
Parallèlement, le gouvernement polonais a approuvé un projet de loi distinct obligeant les sites contenant du contenu pour adultes à mettre en place une vérification de l'âge. Les deux mesures font partie d'une stratégie plus large de protection des enfants dans l'environnement numérique, que Tusk promeut dans un paquet simultané.
Si le parlement et le président approuvent la loi avant la fin de l'été, septembre sera la deadline réelle : les écoles auront quelques semaines seulement pour aménager les lieux de stockage et former le personnel. La question n'est pas de savoir si l'interdiction est efficace — les données néerlandaises le confirment. La question est de savoir si le système éducatif polonais aura le temps de se préparer techniquement au 1er septembre, si le parlement traîne des pieds avant un vote en automne.