En bref
La startup chinoise AgiBot a présenté le Q1 — un humanoïde de 80 cm de hauteur, dont la masse est plusieurs fois inférieure à celle des modèles pleine grandeur, rapporte Interesting Engineering. La société positionne l’appareil comme une plateforme pour développeurs et étudiants : le Q1 dispose d’un SDK et d’un HDK open‑source, prend en charge des carcasses personnalisées pour impression 3D et la programmation des mouvements sans code. AgiBot n’a pas encore communiqué le prix ni la date de commercialisation. À titre de comparaison : les autres humanoïdes d’AgiBot (série Lingxi) sont généralement évalués autour de 14 000 $.
AgiBot a été fondée en 2023 par Peng Zhihui ; en décembre 2025, la société a annoncé la production de son 5 000e robot.
Pourquoi cela a de l’importance
La petite taille et le logiciel ouvert abaissent le seuil d’entrée pour celles et ceux qui conçoivent et testent des systèmes robotiques. Pour les universités et les laboratoires privés, cela signifie la possibilité de mener des expériences sur le terrain ou au sein d’équipes distribuées — sans avoir besoin d’un grand atelier ni d’investissements importants dans une plateforme lourde.
Du point de vue de la sécurité et de la défense, une telle plateforme peut accélérer le prototypage de modules sensoriels, d’algorithmes de localisation ou de manipulation — à l’étape de recherche et développement, où la rapidité et l’accessibilité priment sur la capacité de charge. En revanche, le Q1 ne remplace pas les robots industriels ou de combat, mais peut devenir un « laboratoire mobile » pour ingénieurs et chercheurs.
« Un laboratoire personnel parmi les robots humanoïdes »
— AgiBot, description du Q1
Caractéristiques techniques et limitations
Le Q1 est équipé d’un système de commande en effort sur l’ensemble du corps et des articulations (Quasi‑Direct Drive), ce qui améliore la tenue lors de collisions et réduit la complexité des réglages pendant les tests. Dès la sortie de la boîte, des interactions vocales, le positionnement, des fonctions éducatives de base (par exemple l’apprentissage de l’anglais) et des scénarios de divertissement sont disponibles.
Cependant, ses petites dimensions et sa faible masse entraînent une capacité de charge et une autonomie énergétique limitées : le Q1 convient pour des expérimentations et de la formation, mais pas pour des tâches lourdes sur le terrain. La question clé reste la disponibilité commerciale et le prix, qui détermineront la rapidité avec laquelle la plateforme atteindra les étagères pédagogiques et de recherche.
Et ensuite — pour l’Ukraine
Un SDK open‑source et le support des modules matériels offrent à l’Ukraine la possibilité d’intégrer de telles plateformes dans les programmes éducatifs, les centres R&D privés et les startups. Pour le secteur de la défense et de la technique, c’est une opportunité de tester rapidement des algorithmes de reconnaissance, de navigation et de coopération homme‑robot en conditions contrôlées.
La communauté d’experts doit porter attention à deux points : premièrement, vérifier l’adéquation de la plateforme aux tâches spécifiques ; deuxièmement, exploiter l’ouverture du logiciel pour créer des solutions locales augmentant l’autonomie technologique. Ce n’est pas une solution instantanée pour le front, mais un pas vers la démocratisation des outils de robotique — et une possibilité d’accélérer le passage de l’idée au prototype opérationnel.
Conclusion
Le Q1 illustre comment des plateformes compactes et ouvertes peuvent élargir le champ de l’innovation. Reste à la communauté ukrainienne de décider : saurons‑nous tirer parti de ces outils pour la formation, le prototypage rapide et le renforcement de nos compétences en robotique ?