À une époque où la plupart des entreprises en Ukraine constituent des réserves et attendent, EVA fait l'inverse. Le réseau a annoncé des investissements d'un montant de 1,3 milliard de hryvnias dans le développement du réseau de vente au détail au cours de 2026 — soit 20% de plus qu'en 2025.
Le plan précis : ouvrir 60 nouveaux magasins dans tout le pays. Ce n'est pas une expansion ponctuelle — c'est un pari systémique selon lequel le marché de la consommation intérieure résistera et continuera de croître.
Pourquoi c'est bien plus qu'une nouvelle d'entreprise
EVA est l'un des plus grands réseaux de vente au détail non alimentaire en Ukraine avec plus de 1000 points de vente. Lorsqu'une telle entreprise augmente ses dépenses en capital pendant une phase active de la guerre, c'est un indicateur : la direction voit une demande qui justifie le risque.
Le comportement de consommation des Ukrainiens après 2022 est paradoxal : les gens continuent d'acheter des cosmétiques, des articles ménagers, des produits de soin basiques — même dans les conditions d'incertitude. C'est précisément ce segment que ferme EVA. La stabilité de la demande pour les « petites joies » en période de crise — c'est un phénomène que les économistes observent dans tous les conflits prolongés.
Investissements sans garanties
La question principale reste celle de la logistique et de la sécurité. 60 nouveaux magasins — c'est de la location de locaux, des rénovations, l'embauche de personnel dans des régions avec différents niveaux de stabilité. L'entreprise n'a pas révélé la géographie de l'expansion : où exactement les nouveaux points apparaîtront-ils — à l'ouest relativement sûr ou aussi dans les régions proches du front, où les risques pour le personnel et les biens sont qualitativement différents.
L'augmentation des investissements de 20% paraît confiante sur le papier. Mais le véritable test ne sera pas le nombre de magasins ouverts, mais plutôt le nombre d'entre eux qui atteindront l'amortissement opérationnel dans des conditions qui pourraient être modifiées par une frappe aérienne sur l'infrastructure régionale.
Si EVA révèle vraiment la géographie des nouveaux points — il deviendra clair si c'est vraiment un pari sur l'ensemble du pays, ou une expansion prudente vers les endroits où le risque est déjà couvert par les polices d'assurance.