La grande image : des frappes silencieuses contre l'infrastructure
La revue annuelle du renseignement finlandais, interprétée par Reuters, tire une conclusion limpide : la Russie continuera probablement à tenter d'endommager les infrastructures sous-marines en mer Baltique. Ce n'est pas seulement un problème régional — les câbles sous-marins et autres installations assurent des liaisons critiques pour la finance, la gouvernance et la défense de toute la région, y compris des pays qui soutiennent l'Ukraine.
Ce que les renseignements finlandais ont rapporté
Le message principal du rapport est que le nombre d'incidents liés aux infrastructures sous-marines a augmenté depuis 2023. Le chef du renseignement finlandais a souligné que Moscou dispose de la capacité technique pour infliger des dommages à de telles installations, mais le rapport ne présente pas de preuves directes et convaincantes de l'implication d'un État dans les cas récents.
« La Russie a manifestement la capacité de détruire des infrastructures sous-marines si elle le souhaitait, mais nous n'avons pas trouvé de preuves convaincantes que ce soit la Russie ou un autre acteur d'État qui soit derrière les incidents récents. »
— major-général Pekka Turunen, chef du renseignement de la Finlande
Les preuves et l'incertitude
Le rapport note non seulement des dommages aux câbles, mais aussi une augmentation d'événements suspects autour d'exercices et d'installations militaires à terre — drones, personnes à proximité de positions, etc. Les analystes interprètent cela comme une combinaison de vigilance accrue, d'un seuil de signalement plus bas et, en même temps, d'une collecte réelle de renseignements.
« Ce phénomène est très probablement lié à une vigilance accrue et à un seuil de signalement plus bas, mais il s'agit aussi d'une véritable collecte de renseignements en lien avec la défense nationale. »
— revue annuelle du renseignement finlandais (citation)
En lien avec les cas récents, la police finlandaise a signalé des incidents précis : le 31 décembre 2025, dans le golfe de Finlande, un câble de télécommunication entre la Finlande et l'Estonie a été découvert endommagé — le même jour un navire a été arrêté ; le 2 janvier 2026, son équipage a été interrogé, et le 12 janvier le navire a été relâché. Des événements similaires avaient déjà été enregistrés en 2024–2025, ce qui crée un contexte cohérent, bien que les preuves directes d'un État restent limitées.
Ce que cela signifie pour l'Ukraine et ses partenaires
Les câbles sous-marins ne concernent pas seulement Internet : ils sont cruciaux pour les transactions interbancaires, les communications opérationnelles, la coordination de l'aide et les opérations militaires. L'augmentation des incidents en mer Baltique a des conséquences directes sur la résilience des réseaux et la sécurité maritime en Europe. Pour l'Ukraine, c'est un argument supplémentaire en faveur du renforcement de la coopération internationale pour la protection des infrastructures critiques, la surveillance de l'espace maritime et le partage de renseignements.
Les experts de la région soulignent que ces actions correspondent à des modèles de pression asymétriques : des actes peu coûteux et difficiles à attribuer, qui sapent la confiance dans les infrastructures et obligent à déployer des ressources pour les défendre.
Que faire ensuite
La réaction doit être pragmatique : renforcer la surveillance maritime, répondre rapidement aux incidents, établir des normes de protection renforcée pour les réseaux de câbles et mettre en place des mécanismes d'enquête internationaux. Si les déclarations de solidarité sont importantes, la question clé est de savoir si les partenaires transformeront ces déclarations en outils concrets de protection des infrastructures.
Conclusion
Le rapport du renseignement finlandais dresse un tableau prévisible : l'activité accrue et les risques persistent. Même si les preuves directes d'une implication étatique font souvent défaut, la pratique elle‑même — dommages aux câbles, drones près des exercices, navires suspects — crée de réelles menaces pour les communications et la sécurité. Il ne suffit pas de documenter ces incidents : il faut des réponses rapides et préventives — pour protéger l'Europe et l'Ukraine, des solutions techniques et opérationnelles concrètes sont nécessaires, pas seulement des paroles.