En bref
Le Service de sécurité de l'Ukraine et la Police nationale ont interpellé le vice-président du conseil d'administration et le chef d'un service de la DAK «Автомобільні дороги України», qui, selon l'enquête, auraient exigé un pot-de-vin de 10 000 $ en échange d'une aide pour la mise en location d'un bien public. Il s'agit du complexe immobilier d'une entreprise routière dans la région de Volhynie. Des poursuites ont été engagées à l'encontre des suspects en vertu de la par. 3 de l'article 368 du Code pénal ukrainien ; ils risquent jusqu'à 10 ans de prison avec confiscation.
Position des forces de l'ordre
Selon l'enquête, les responsables exigeaient 30 % de la valeur du bien — l'évaluation du complexe s'élevant à environ 2,8 millions de hryvnias. Le chef du service commercial d'une filiale a reçu de la part d'un représentant de l'entreprise 10 000 $, dont la moitié a été remise le lendemain au vice-président du conseil d'administration. Les forces de l'ordre ont interpellé les personnes mises en cause «en flagrant délit».
«Pour la mise en œuvre d'un tel système, les responsables exigeaient un avantage indu correspondant à 30 % de la valeur du bien, qui, selon l'évaluation, s'élevait à environ 2,8 millions de hryvnias. En cas de refus, ils menaçaient de créer des conditions empêchant l'entreprise d'obtenir ce bien en location.»
— Police nationale ukrainienne, service de presse
Les autorités ne divulguent pas encore les noms des arrêtés. Sur le site officiel de la DAK, il est indiqué que le président du conseil d'administration, Oleksii Doroshenko, a trois adjoints : deux d'entre eux — Ihor Harbaruk et Fedor Danilyk — ont été nommés nouveaux membres du conseil d'administration à compter du 5 février 2026 ; Valerii Hrachov a été nommé adjoint en 2025.
Pourquoi c'est important
Au-delà de la morale, il y a une conséquence purement pragmatique : lorsque, en période de guerre et de reconstruction, il s'agit de transférer des actifs publics, les schémas de corruption réduisent les ressources qui pourraient être consacrées aux réparations et à la logistique. Deuxièmement, de tels épisodes sapent la confiance des investisseurs et des entreprises — or des transferts procéduraux et transparents des biens sont essentiels pour la reconstruction rapide des infrastructures.
Des analystes et des juristes anticorruption attirent l'attention sur le fait que l'affaire s'inscrit dans un contexte plus large : début mars 2026, la SAP et le NABU ont bouclé l'enquête dans une autre affaire pénale impliquant le directeur d'un service routier de la région de Poltava. Cela indique un problème systémique de gestion et de contrôle dans le secteur routier.
La suite
Les mesures attendues sont un procès pénal complet et une enquête publique sur les chaînes par lesquelles les transferts de biens ont eu lieu. Pour rétablir la confiance, il ne suffit pas de procéder à des arrestations : des réformes de gestion sont également nécessaires : enchères ouvertes, rapports numériques et procédures claires pour le transfert des actifs.
Bref pronostic : si l'enquête met au jour des manquements systémiques, cela pourrait entraîner des contrôles supplémentaires des contrats et le gel temporaire de certains transferts de biens — ce qui, à court terme, ralentirait certains projets locaux de réparation des routes. Mais ces désagréments temporaires sont un moindre mal que de laisser la corruption grignoter les ressources nécessaires à la défense et à la reconstruction.
Il revient désormais à la direction de la DAK et aux forces de l'ordre de voir si ces arrestations se transformeront en changements systémiques garantissant une redistribution transparente des actifs au profit des collectivités et du front ?