En bref — pourquoi c’est important
Lorsque le responsable de l'intelligence artificielle chez Microsoft annonce un délai de 12–18 mois pour l'automatisation à grande échelle du travail de bureau, ce ne sont pas de simples prévisions pour des blogs techniques. C'est un signal pour les entreprises, les pouvoirs publics et les établissements d'enseignement : il faut établir des priorités en matière de formation, de protection des données et de régulation. Pour l'Ukraine, il s'agit d'une question de sécurité de l'emploi, de résilience économique et de souveraineté technologique.
Ce qu'a dit Microsoft
Le Financial Times cite Mustafa Suleyman, directeur de l'IA chez Microsoft : selon ses prévisions, « le travail des 'cols blancs' — avocats, comptables, chefs de projet, marketeurs — la majorité de ces tâches sera entièrement automatisée par l'IA au cours des 12–18 prochains mois ». Selon lui, des agents basés sur l'IA pourront mieux se coordonner au sein de grandes organisations et, avec le temps, accomplir des fonctions de plus en plus autonomes.
« Le travail des 'cols blancs', quand vous êtes assis derrière un ordinateur — avocat, comptable, chef de projet ou marketeur — la majorité de ces tâches sera entièrement automatisée par l'IA au cours des 12–18 prochains mois »
— Mustafa Suleyman, directeur de l'IA, Microsoft
Critiques : pourquoi les sceptiques recommandent de ne pas tirer de conclusions hâtives
Les experts rappellent : le travail d'expert est un ensemble de tâches hétérogènes, dont beaucoup sont difficiles à automatiser complètement. Comme le cite le diffuseur finlandais Yle, le maître de conférences Joonas Tuhkuri de l'Université de Stockholm estime qu'il est peu probable que des changements structurels massifs sur le marché du travail se produisent dans un horizon de 12–18 mois.
« Si l'on parle du futur proche — un an ou un an et demi — il est très improbable que, sur une période aussi courte, l'IA provoque des changements massifs dans la structure des professions »
— Joonas Tuhkuri, maître de conférences en économie, Université de Stockholm
Données et exemples : que disent les études
Des chercheurs de la Haas School of Business (Université de Californie à Berkeley) ont constaté que l'adoption de l'IA générative peut non pas réduire, mais augmenter le volume de travail effectué — les personnes accomplissent davantage de tâches au même moment, renforcées par les outils. Cela renforce la thèse selon laquelle la transformation sera graduelle et hétérogène, et non un remplacement instantané des effectifs.
Ce que cela signifie pour l'Ukraine — brève analyse
1) Scénarios : le plus probable — hybride : une partie des fonctions routinières sera automatisée, les décisions complexes resteront humaines. 2) Risques : concentration des technologies entre les mains de quelques fournisseurs, menaces pour l'emploi dans certains segments, besoin de nouvelles compétences. 3) Opportunités : gains d'efficacité dans la défense, la logistique et les services administratifs, libération d'experts pour des tâches stratégiques.
Actions pratiques (pour les entreprises et les pouvoirs publics)
- Investir dans la reconversion et des programmes STEM mettant l'accent sur la pensée critique et la gestion des systèmes d'IA.
- Soutenir le développement de solutions locales et conserver les données dans l'environnement national pour minimiser les risques pour la souveraineté.
- Élaborer des règles d'utilisation de l'IA dans les secteurs critiques : droit, audit, services publics, défense.
- Encourager les entreprises à déployer l'IA de sorte que l'augmentation de la productivité s'accompagne de stratégies de préservation de l'emploi.
Conclusion
La prévision de Microsoft est un signal pour le marché : la technologie évolue rapidement. Mais les voix d'experts et les recherches insistent sur la complexité du passage de tâches automatisées isolées au remplacement complet des professions. Pour l'Ukraine, la question n'est pas de savoir si le changement aura lieu, mais quelle sera notre réponse : allons-nous construire des politiques, une éducation et des infrastructures qui transformeront les risques en avantage concurrentiel, ou resterons-nous des consommateurs passifs de solutions étrangères ?