Ce qui s'est passé
En 2025, l'Ukraine a exporté 463 700 tonnes de sucre pour une valeur de 222 millions de dollars, indique l'Association nationale des producteurs de sucre d'Ukraine «Укрцукор». Le volume total des exportations a diminué de 38% par rapport à l'année record 2024 (746 000 t). Le principal moteur de ce changement a été l'introduction de restrictions sur les livraisons vers l'Union européenne.
Où est allé le sucre
La structure du commerce a été profondément remaniée : si en 2024 la répartition était d'environ 60% — marchés mondiaux / 40% — UE, en 2025 73% sont allés vers les marchés mondiaux et seulement 27% vers l'UE. Parmi les plus grands importateurs figurent le Liban (15%), la Bulgarie (14%), la Macédoine du Nord (8%), la Libye (7%), la Syrie et la Turquie (6% chacune). Lors de la saison commerciale 2024–2025, qui s'est terminée le 31 août, cinq entreprises ont assuré 87% des exportations.
Pourquoi c'est important
La réorganisation des échanges n'est pas qu'une simple statistique. La diversification des marchés réduit la dépendance à l'égard de l'UE, mais augmente l'exposition à la volatilité des nouveaux acheteurs, aux risques logistiques et aux fluctuations des prix. Pour les agriculteurs et les transformateurs, cela signifie : les volumes perdus en 2024 affectent les revenus des exploitants et les recettes en devises, mais l'arrivée de nouveaux acheteurs offre une chance de conclure des contrats à long terme hors de l'UE.
"En 2025, le secteur a maintenu une forte activité exportatrice, malgré une réduction des volumes expédiés vers les marchés extérieurs de 38 % par rapport à 2024, année où un record historique d'exportation de sucre d'Ukraine — 746 000 tonnes — avait été établi"
— Yana Kavushevska, présidente de l'association «Укрцукор»
Et ensuite
À court terme, le secteur doit travailler sur la logistique, les normes de qualité pour les nouveaux marchés et les mécanismes d'assurance contre les risques de paiement. Du point de vue de l'État — il est important de soutenir les exportateurs et de mener des négociations pour lever ou assouplir les restrictions commerciales avec l'UE. La question pratique demeure : cette réorganisation temporaire se transformera-t-elle en une diversification durable des marchés et en recettes en devises stables, ou le secteur redeviendra-t-il vulnérable en cas d'évolution de la conjoncture ?