La Rada a confié aux villes la fixation des tarifs de l'eau jusqu'à la fin de la loi martiale : ce que cela changera pour les consommateurs et les fournisseurs d'eau

La «décentralisation» temporaire donne aux conseils locaux un outil pour réagir à la hausse des coûts. Nous analysons qui obtiendra davantage de contrôle, et qui — le risque de voir leurs factures augmenter.

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Фото: Київводоканал

En bref

La Verkhovna Rada a adopté le projet de loi n°13219 : jusqu'à la fin de la loi martiale plus un an, les autorités locales obtiennent le pouvoir de fixer les tarifs de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement. La décision a été approuvée par 247 députés. La НКРЕКП conserve le contrôle des conditions de licence et de la vérification des tarifs.

Ce qui a changé

Le texte transfère temporairement la fonction de tarification du régulateur central vers les autorités locales. Les titulaires de licence de la НКРЕКП disposent de 90 jours après l'entrée en vigueur de la loi pour soumettre leurs calculs aux conseils locaux. Jusqu'à l'adoption des décisions locales, les tarifs précédemment approuvés par la НКРЕКП resteront en vigueur.

«Les villes pourront prendre elles-mêmes les décisions. Certaines augmenteront les tarifs, d'autres ne les augmenteront pas, certaines donneront de l'argent depuis le budget. Mais la situation où nos tarifs ne changent pas depuis 2021 n'est sans doute pas tout à fait correcte, car nous comprenons qu'il y a un énorme problème avec les services d'eau. Même si une telle mesure ne résoudra peut‑être pas complètement le problème, elle commencera à le résoudre en partie.»

— Андрій Герус, président du comité de l'énergie de la Verkhovna Rada

Contexte et pourquoi c'est arrivé

Le fond du problème — pression sur les coûts : la guerre a fait monter les prix de l'énergie, des matériaux et de la logistique pour les services d'eau, et la régulation centralisée ne pouvait pas s'adapter rapidement aux conditions locales. La décision vise à donner aux responsables locaux un outil de réaction rapide et à éviter «une approche unique» dans une situation où les besoins et les capacités des communautés diffèrent fortement.

Ce que conserve la НКРЕКП

La commission nationale conserve les fonctions de délivrance de licences et de vérification de la recevabilité des tarifs. Il s'agit d'un mécanisme important pour prévenir les abus — si un conseil local fixe des tarifs de manière non transparente, le régulateur pourra intervenir dans le cadre de ses compétences.

Conséquences pratiques pour le consommateur

On s'attend à une plus grande variabilité des tarifs entre les collectivités. Il existe déjà un exemple : à Boryspil le tarif dépasse 65 грн/куб.м, à Kyiv — environ 30 грн/куб.м. Pour les consommateurs, cela signifie que dans certaines villes les factures pourraient augmenter, tandis que dans d'autres elles resteront au niveau précédent grâce aux subventions locales ou aux dotations budgétaires.

Risques et comment les atténuer

Les principaux risques sont une inégalité d'accès aux services, des pressions politiques sur les conseils locaux et des calculs de tarifs non transparents. Pour les réduire, des normes de transparence rapides sont nécessaires : calculs publics, appels d'offres transparents pour les achats des services d'eau et mécanismes d'aide ciblée pour les ménages vulnérables.

À retenir

Il s'agit d'une mesure temporaire : la loi s'applique «jusqu'à la fin de la loi martiale plus un an». La sensibilité politique du sujet est évidente à la lumière d'incidents antérieurs — en 2023 une tentative de la НКРЕКП d'augmenter les tarifs a été retirée après des critiques provenant de la Banque et du gouvernement, et en 2024 le régulateur a augmenté le tarif pour les entreprises tout en maintenant les prix pour les ménages au niveau du 24 février 2022. Il est donc important que la responsabilité locale s'accompagne d'un contrôle transparent et de garanties sociales.

Conclusion

La décision donne aux autorités locales la possibilité de réagir plus rapidement aux coûts réels des services d'eau, mais elle renforce aussi l'importance de la transparence et du contrôle. La balle est désormais dans le camp des collectivités et du régulateur : réussir à concilier réactivité et garantie que l'eau demeure accessible à tous.

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